Frise chronologique
1825–1827
Construction du passage Choiseul
Construction du passage Choiseul
1825–1827 (≈ 1826)
Initié par la banque Mallet et Cie.
1826
Décès de François Mazois
Décès de François Mazois
1826 (≈ 1826)
Antoine Tavernier termine les travaux.
1907
Remplacement de la verrière
Remplacement de la verrière
1907 (≈ 1907)
Modernisation de la couverture.
années 1970
Renouveau avec Kenzo
Renouveau avec Kenzo
années 1970 (≈ 1970)
Ouverture d’une boutique branchée.
7 juillet 1974
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
7 juillet 1974 (≈ 1974)
Protection des façades et toitures.
2012–2019
Restauration complète
Restauration complète
2012–2019 (≈ 2016)
Verrière, marquises, sol et éclairage rénovés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le passage ; façades et toitures sur rues des immeubles 23 rue Saint-Augustin, 40 rue des Petits-Champs, 6 à 46 rue Dalayrac et 59, 61 rue Sainte-Anne, comportant les entrées des deux passages : inscription par arrêté du 7 juillet 1974
Personnages clés
| François Mazois - Architecte initial |
Conçoit les plans, décède en 1826. |
| Antoine Tavernier - Architecte acheveur |
Termine Choiseul et dessine Sainte-Anne. |
| Étienne-François de Choiseul - Homme politique (nom du passage) |
Ministre de Louis XV, éponyme de la rue. |
| Alphonse Lemerre - Éditeur littéraire |
Publie *Le Parnasse contemporain* au n°23. |
| Louis-Ferdinand Céline - Écrivain |
Y vécut enfant, inspiré *Mort à crédit*. |
| Kenzo - Couturier |
Relance la fréquentation dans les années 1970. |
Origine et histoire
Le passage Choiseul, construit entre 1825 et 1827 dans le 2e arrondissement de Paris, est une initiative spéculative de la banque Mallet et Cie. Il remplace les hôtels particuliers de Lionne, Langlée, Gesvres (dont le porche subsiste) et Radepont, initialement destinés à laisser place à des immeubles. Seul le passage fut finalement réalisé, en raison de la construction voisine du théâtre de l'Opéra-Comique (salle Ventadour). Conçu par l'architecte François Mazois (décédé en 1826), son achèvement fut confié à Antoine Tavernier, qui dessina aussi le passage Sainte-Anne, créant un accès est-ouest vers Choiseul. Une entrée ouest sur la rue Dalayrac compléta l'ensemble.
Avec 190 mètres de longueur et 3,7 mètres de largeur, le passage Choiseul est le plus long de Paris. Son architecture combine des arcades sur pilastres au rez-de-chaussée (commerces et entresols) et des étages résidentiels, sous une verrière remplacée vers 1907. Les façades, en pans de bois sobrement ornés, imitent le marbre. Entre 2012 et 2019, des restaurations (verrière, marquises, sol, éclairage) redonnèrent au passage son éclat d’origine. Classé Monument Historique en 1974, il inclut les façades des immeubles bordiers (23 rue Saint-Augustin, 40 rue des Petits-Champs, etc.).
Le passage connut un regain de fréquentation dans les années 1970 grâce à l’ouverture d’une boutique par le couturier Kenzo, avant de stabiliser son affluence. Ouvert du lundi au samedi (8h-20h), il abrite un patrimoine littéraire et culturel marqué : Alphonse Lemerre y publia Le Parnasse contemporain (Verlaine, Coppée, Mendès), tandis que Louis-Ferdinand Céline y vécut enfant (1899–1907), décrivant plus tard sa « décrépitude » dans Mort à crédit sous le nom de passage des Bérésinas. Le théâtre des Bouffes-Parisiens (ouvert en 1857) et l’actrice Sophie Desmarets (propriétaire d’une boutique d’antiquités) y laissèrent aussi leur empreinte.
Architecturalement, le passage mêle utilitarisme (accès aux théâtres, quartier d’affaires) et sobriété décorative. Ses murs enduits, ses arcades entresolées et sa verrière en font un exemple typique des passages couverts parisiens, conçus pour fluidifier la circulation piétonne tout en abritant commerces et logements. La cour de l’ancien hôtel de Gesvres, intégrée à l’entrée nord, rappelle son origine aristocratique.
Malgré un déclin commun à nombreux passages au XXe siècle, Choiseul reste animé grâce à sa proximité avec les Grands Boulevards et les théâtres. Sa restauration récente et son histoire littéraire (Zola le cite dans Au Bonheur des Dames) en font un lieu patrimonial vivant, entre mémoire du Paris haussmannien et modernité commerciale.