Frise chronologique
1860
Inauguration du passage Mirès
Inauguration du passage Mirès
1860 (≈ 1860)
Ouverture sous le nom de son fondateur.
1866
Rachat par la Compagnie d’assurance
Rachat par la Compagnie d’assurance
1866 (≈ 1866)
Faillite de Mirès et changement de propriétaire.
1879–1883
Galerie de La Vie moderne
Galerie de La Vie moderne
1879–1883 (≈ 1881)
Expositions impressionnistes dirigées par Charpentier.
1985
Destruction du passage
Destruction du passage
1985 (≈ 1985)
Opération immobilière initiale.
1995
Reconstruction à l’identique
Reconstruction à l’identique
1995 (≈ 1995)
Restauration avec ajustements modernes.
2002–2022
Village JouéClub
Village JouéClub
2002–2022 (≈ 2012)
Période commerciale avant fermeture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades, verrière et sol : inscription par arrêté du 7 octobre 1986
Personnages clés
| Jules Isaac Mirès - Banquier et fondateur |
Initiateur du passage, ruiné en 1860. |
| Georges Charpentier - Éditeur et galeriste |
Fonda *La Vie moderne* dans le passage. |
| A. Georgel et A. Mrowiec - Architectes (1995) |
Reconstruction du passage après destruction. |
Origine et histoire
Le passage des Princes est un passage couvert piéton parisien du 2e arrondissement, inauguré en 1860 sous le nom de passage Mirès, du nom du banquier Jules Isaac Mirès. Il fut édifié sur l’emplacement de l’ancien hôtel des Princes et de l’Europe (1806–1843), un palace racheté par Mirès pour créer un raccourci entre le boulevard des Italiens et la rue de Richelieu. Ce projet, autorisé par un arrêté du 3 septembre 1860, marqua la fin des grands passages couverts parisiens du XIXe siècle, malgré les transformations haussmanniennes qui en firent disparaître beaucoup d’autres. Son architecture, sobre mais élégante, se distinguait par une verrière à double pente et des arceaux métalliques en arabesques, appréciés pour leur bon goût et leur spacieux agencement.
La faillite rapide de Jules Mirès, un mois après l’ouverture, entraîna la revente du passage à la Compagnie d’assurance sur la vie (future AGF) dès 1866. Entre 1879 et 1883, la galerie de La Vie moderne, fondée par l’éditeur Georges Charpentier, y exposa des œuvres impressionnistes, ajoutant une dimension culturelle au lieu. Condamné à cinq ans de prison pour ses déboires financiers, Mirès donna brièvement son nom à la prison Mazas, rebaptisant temporairement le passage. Détruit en 1985 pour une opération immobilière, il fut reconstruit à l’identique en 1995, avec des ajustements comme l’angle droit redressé et la réutilisation d’éléments originaux, dont une coupole en verre coloré des années 1930.
Le passage abritait depuis 2002 le Village JouéClub, un espace commercial spécialisé dans les jouets, fermé définitivement en 2022 en raison de difficultés économiques (mouvements sociaux, crise du Covid-19, baisse de fréquentation). Malgré ces aléas, le passage des Princes reste un témoignage architectural du Paris haussmannien, mêlant histoire commerciale, culturelle et urbaine. Ses façades, sa verrière et son sol sont protégés depuis 1986 comme monuments historiques, préservant ainsi un patrimoine emblématique du 2e arrondissement.
L’origine du nom passage des Princes remonte à l’hôtel meublé qui occupait autrefois le site, porté successivement sous des appellations variées (hôtel des Princes, hôtel de l’Europe) entre 1806 et 1843. Ce lieu, fréquenté par une clientèle aristocratique pendant la Restauration, reflétait les bouleversements sociaux de l’époque, entre émigration noble et modernisation urbaine. Le boulevard des Italiens, adjacent au passage, porta lui-même des noms liés à cette période, soulignant le lien entre toponymie et histoire politique.
Architecturalement, le passage se caractérisait par une structure métallique légère, typique des réalisations du Second Empire, avec une verrière zénithale éclairant une galerie commerciale. Les travaux de reconstruction de 1995, menés par les architectes A. Georgel et A. Mrowiec, ont cherché à restaurer cet esprit originel, tout en adaptant les espaces aux usages contemporains (bureaux, logements, commerces). La coupole en verre coloré, décorée de roses, et le porche d’accès côté rue de Richelieu comptent parmi les rares éléments d’époque conservés, symboles d’un patrimoine à la fois fonctionnel et esthétique.