Frise chronologique
1782
Projet avorté d’Opéra-Comique
Projet avorté d’Opéra-Comique
1782 (≈ 1782)
Envisagé à l’emplacement de l’hôtel du Grand Cerf.
1825
Ouverture du passage actuel
Ouverture du passage actuel
1825 (≈ 1825)
Transformation par Devaux-Moisson et Cie, rachat par Monier.
1845
Construction de la verrière métallique
Construction de la verrière métallique
1845 (≈ 1845)
Donne au passage son aspect actuel.
1862
Légation à l’Assistance publique
Légation à l’Assistance publique
1862 (≈ 1862)
Par les héritiers de la famille Monier.
1985
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1985 (≈ 1985)
Inscription par arrêté du 14 novembre.
1987
Vente et restauration
Vente et restauration
1987 (≈ 1987)
Fin des travaux de réhabilitation.
2016
Adoption des paiements en bitcoin
Adoption des paiements en bitcoin
2016 (≈ 2016)
Surnommé *« Bitcoin Boulevard »*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le passage (n°s 1-59 et 2-58) (cad. 02 : 04 AL 38) : inscription par arrêté du 14 novembre 1985, modifié par arrêté du 26 novembre 2012
Personnages clés
| Isidore Monier - Propriétaire et investisseur |
Acheta et développa le passage en 1826. |
| Émile Debraux - Poète et chansonnier |
Collabora au journal *L’Extra-Muros* (n°6) en 1830. |
| Anne Français - Artiste peintre (1909–1995) |
Vécut au n°4 du passage. |
| Louis Malle - Cinéaste |
Tourna *Zazie dans le métro* (1960) dans le passage. |
| Jean Le Corre - Architecte |
Dirigea la réhabilitation en 1984–1987. |
Origine et histoire
Le passage du Grand-Cerf est un passage couvert parisien situé entre la rue Dussoubs et la rue Saint-Denis, dans le 2e arrondissement. Il tire son nom de l’ancienne enseigne de l’hôtel du Grand Cerf, attesté dès le XVIIIe siècle, qui servait de débouché entre la rue Saint-Denis et la rue des Deux-Portes. Ce lieu, initialement envisagé pour accueillir l’Opéra-Comique en 1782, fut transformé en 1825 par la compagnie Devaux-Moisson et Cie, puis cédé à Isidore Monier, qui en possèdait déjà une partie. Les travaux de cette époque, bien que mal documentés, marquèrent sa métamorphose en passage commercial couvert, prolongé à l’est par le passage du Bourg-l’Abbé.
L’architecture actuelle, caractérisée par une haute verrière métallique et des passerelles intérieures, daterait plutôt des années 1845, période où le passage fut doté de structures innovantes permettant une grande luminosité. En 1830, il abritait le siège du journal L’Extra-Muros, fréquenté par le poète Émile Debraux. Légué à l’Assistance publique en 1862 par les héritiers Monier, son déclin économique au XIXe siècle conduisit à des projets de vente, finalement concrétisés en 1987 après une restauration majeure. Les architectes soviétiques du passage Goum à Moscou s’en inspirèrent, et il devint un lieu de tournage, comme pour Zazie dans le métro (1960) de Louis Malle.
Classé Monument Historique en 1985, le passage du Grand-Cerf est aujourd’hui un espace dynamique mêlant artisans, créateurs et commerces innovants, dont certains acceptent les paiements en bitcoin depuis 2016, lui valant le surnom de « Bitcoin Boulevard ». Il conserve aussi une dimension mémorielle, ayant abrité l’artiste Anne Français (1909–1995) et voisinant la maison natale de Léon Blum. Sa réhabilitation dans les années 1980, menée par les architectes Jean Le Corre puis De Buhren-Audoin, a permis de préserver son cachet pittoresque, entre héritage industriel et modernité.