Frise chronologique
1845
Construction du passage
Construction du passage
1845 (≈ 1845)
Premier passage parisien entièrement métallique et vitré.
1882
Ouverture du musée Grévin
Ouverture du musée Grévin
1882 (≈ 1882)
Galerie de cire adjacente au passage.
1912
Menace de démolition
Menace de démolition
1912 (≈ 1912)
Déclin de fréquentation au XXe siècle.
7 juillet 1974
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
7 juillet 1974 (≈ 1974)
Protection des façades et de la structure.
1987
Restauration complète
Restauration complète
1987 (≈ 1987)
Retour au dallage d’origine.
2019
Rénovation des façades
Rénovation des façades
2019 (≈ 2019)
Incluant celle du musée Grévin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Félix de Jouffroy-Gonsans - Propriétaire et président de la compagnie |
Donne son nom au passage. |
| François-Hippolyte Destailleur - Architecte |
Conçoit la structure métallique. |
| Romain de Bourges - Architecte |
Collabore à la construction. |
| Arthur Meyer - Fondateur du journal *Le Gaulois* |
Cofondateur du musée Grévin. |
| Alfred Grévin - Caricaturiste |
Créateur de la galerie de cire. |
| Michel Liénard - Sculpteur-ornemaniste |
Auteur de la façade initiale. |
Origine et histoire
Le passage Jouffroy est un passage couvert parisien du 9e arrondissement, construit en 1845 dans le prolongement du passage des Panoramas pour capitaliser sur sa popularité. Il s’étend sur 140 mètres entre le boulevard Montmartre et la rue de la Grange-Batelière, avec un tracé en double « L » pour s’adapter aux dénivelés du terrain. Sa structure entièrement métallique et vitrée, conçue par les architectes François-Hippolyte Destailleur et Romain de Bourges, en fait un témoignage pionnier des innovations technologiques du XIXe siècle. Il est aussi le premier passage parisien chauffé par le sol, avec des décors en bois limités aux éléments ornementaux.
La gestion du passage fut confiée à une compagnie privée dirigée par le comte Félix de Jouffroy-Gonsans, propriétaire des terrains, et monsieur Verdeau, dont les noms furent attribués aux passages Jouffroy et Verdeau. À l’origine, le passage abritait des commerces variés (tailleurs, cafés, coiffeurs) et devint un lieu animé, notamment après l’ouverture du musée Grévin en 1882, dont l’entrée secondaire donne directement dans le passage. Ce musée, fondé par Arthur Meyer et Alfred Grévin, attira une foule considérable, faisant du passage l’un des plus fréquentés de Paris à la fin du XIXe siècle.
Au début du XXe siècle, le passage déclina et faillit être démoli en 1912, avant d’être modernisé en 1932 avec l’ajout de rampes électriques. Classé monument historique en 1974, il fut rénové en 1987 puis en 2019, restaurant ses façades intérieures et son dallage d’origine. Le passage abrite également l’hôtel Chopin (1846), l’un des plus anciens de Paris, et conserve une horloge décorée de stucs ainsi qu’une verrière caractéristique. Son tracé irrégulier et ses boutiques étroites reflètent les contraintes des parcelles d’origine, dont une partie occupait autrefois le jardin potager de l’hôtel Crozat.
Le passage Jouffroy incarne l’évolution urbaine du Paris haussmannien, mêlant innovation architecturale, vie commerciale et patrimoine culturel. Son inscription au titre des monuments historiques en 1974, puis les rénovations successives, soulignent son importance comme vestige des passages couverts parisiens, conçus comme des « offrandes urbaines » au XIXe siècle. Aujourd’hui, il reste un lieu de flânerie et de shopping, marqué par la présence du musée Grévin et de commerces de qualité.
L’origine du nom rend hommage à Félix de Jouffroy-Gonsans (1791–1863), propriétaire des terrains, tandis que l’histoire du lieu est liée à des figures comme Rossini, qui résida dans un immeuble démoli en 1836 pour sa construction. Le passage fut aussi le théâtre d’événements populaires, comme l’exposition du « lingot d’or » en 1851, attirant des foules venues admirer ce gros lot de loterie installé sur un trône.