Origine et histoire
Le pavillon d’Artois est un hôtel particulier situé à Vaux-sur-Seine, construit entre 1726 et 1728 par Jacques Fayolle sur les vestiges d’une bâtisse du XVIIe siècle ayant appartenu au peintre Hyacinthe Rigaud. Ce dernier, artiste officiel de Louis XIV, y résida de 1699 à 1714 et y reçut des personnalités comme le marquis de Louvois. Rigaud possédait déjà une autre demeure à Vaux, acquise en 1694, où il vécut avec son épouse Élisabeth de Gouy.
En 1726, Jacques Fayolle, huissier du Roi et cousin des frères Pâris, acheta le domaine et fit raser l’ancienne bâtisse pour ériger l’actuel pavillon. L’architecte pourrait être Germain Boffrand ou Robert de Cotte, proches de Fayolle. Deux toiles de Pierre-Denis Martin, représentant le pavillon et ses jardins, furent réalisées vers 1730 pour orner la demeure. Le domaine changea plusieurs fois de mains avant d’être acquis en 1775 par Charles-Philippe de France, comte d’Artois et futur Charles X.
Le comte d’Artois fit largement remanier le pavillon dans un style néo-palladien, ajoutant une rotonde centrale à colonnes doriques. Les travaux, non officiellement attribués, évoquent l’œuvre de François-Joseph Bélanger, architecte du comte, notamment par leur ressemblance avec le château de Bagatelle, construit en 1777. Après la Révolution, le pavillon passa entre les mains de plusieurs propriétaires, dont le marquis d’Héricourt, dont la veuve fit bâtir une chapelle en 1822.
Au XIXe et XXe siècles, le pavillon appartint à des figures comme Ernest Caron, président du conseil municipal de Paris, puis à Léon Bailby, directeur de L’Intransigeant. En 1953, il fut acquis par l’héritière américaine Marjorie Merriweather Post, puis transmit à sa fille Eleanor et son petit-fils Antal Post-Békessy. Ce dernier entreprit une restauration majeure entre 1997 et 2001. Depuis 2021, le domaine appartient au couple Pierre et Marie-Alyette Fournel, qui y organise des événements culturels.
L’architecture du pavillon se distingue par un corps de bâtiment en « U », une façade ornée de bas-reliefs inspirés de Pompei, et un parc de quatre hectares mêlant jardins à la française et fabriques, dont une grotte attribuée à Richard Mique. Le domaine inclut aussi une chapelle, un théâtre, et un embarcadère sur la Seine. Classé monument historique en 1945, son parc est protégé depuis 1973.