Frise chronologique
1716
Concession de la porte du bois de Boulogne
Concession de la porte du bois de Boulogne
1716 (≈ 1716)
Louis-Paul Bellanger obtient une maison près de Neuilly.
1720
Transformation par le duc d'Estrées
Transformation par le duc d'Estrées
1720 (≈ 1720)
Remplacement par un pavillon libertin pour 100 000 livres.
1775
Achat par le comte d'Artois
Achat par le comte d'Artois
1775 (≈ 1775)
Le frère de Louis XVI acquiert le domaine.
21 septembre - 26 novembre 1777
Construction en 64 jours
Construction en 64 jours
21 septembre - 26 novembre 1777 (≈ 1777)
Pari gagné contre Marie-Antoinette pour 100 000 livres.
1778-1782
Décoration et aménagements
Décoration et aménagements
1778-1782 (≈ 1780)
Statues, vases et jardins anglo-chinois ajoutés.
1835
Acquisition par le marquis d'Hertford
Acquisition par le marquis d'Hertford
1835 (≈ 1835)
Remaniement du château et des jardins.
1905
Achat par la ville de Paris
Achat par la ville de Paris
1905 (≈ 1905)
Ouverture du parc au public.
20 décembre 2022
Nouveau classement monument historique
Nouveau classement monument historique
20 décembre 2022 (≈ 2022)
Protection élargie du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties suivantes de l'ensemble du château de Bagatelle : les façades et toitures du trianon, y compris son porche avec sa volée d'escalier, ainsi que les cours anglaises et les ponts à balustres qui les enjambent ; les trois salons principaux du trianon (salon dit "salle de billard" et ses deux salons accolés) ; les façades et toitures des deux pavillons de garde situés à l'entrée de la cour d'honneur ; les façades et toitures des terrasses, y compris les escaliers d'accès depuis la cour d'honneur situés en leur centre, avec leurs sculptures ; le pavillon de Bagatelle en totalité, y compris son porche et ses emmarchements ; le tout situé dans le parc de Bagatelle, 44 route de Sèvres à Neuilly, sur la parcelle n°13, figurant au cadastre section CT, tel que délimité en rouge sur les plans annexés à l'arrêté : classement par arrêté du 20 décembre 2022
Personnages clés
| François-Joseph Bélanger - Architecte |
Conçoit et dirige la construction en 1777. |
| Comte d'Artois - Commanditaire et propriétaire |
Fait construire le pavillon pour ses fêtes. |
| Marie-Antoinette - Inspiratrice du pari |
Défie le comte d'Artois de construire en 100 jours. |
| Thomas Blaikie - Paysagiste |
Crée les jardins anglo-chinois en 1777. |
| Marquis d'Hertford - Propriétaire et collectionneur |
Remanie le château au XIXe siècle. |
| Richard Wallace - Héritier et bienfaiteur |
Lègue une partie des collections à l'Angleterre. |
Origine et histoire
Le pavillon de Bagatelle, situé dans le bois de Boulogne à Paris, est une « folie » construite en 1777 par l'architecte François-Joseph Bélanger pour le comte d'Artois, frère de Louis XVI. Ce pavillon de plaisance, édifié en seulement 64 jours suite à un pari avec Marie-Antoinette, devint un symbole de l’art de vivre aristocratique du XVIIIe siècle. Son coût exorbitant (1,2 million de livres) et son usage libertin lui valurent le surnom de « Bagatelle », terme désignant alors une chose frivole.
Avant sa construction, le site abritait une modeste demeure transformée en lieu de réunions galantes par la maréchale d'Estrées et Mademoiselle de Charolais, fille naturelle de Louis XIV. Le pavillon fut conçu comme un microcosme encyclopédique, mêlant décors antiques, jardins anglo-chinois et fabriques exotiques (obélisques, pagodes, grottes). Les intérieurs, ornés de stucs érotiques et de meubles signés Georges Jacob, reflétaient le goût pour l’Antiquité et le libertinage.
Après la Révolution, le domaine changea plusieurs fois de mains : Napoléon Ier l’offrit à son fils, le roi de Rome, avant qu’il ne revienne aux Bourbons. En 1835, il fut acquis par le marquis d’Hertford, collectionneur d’art, qui le remania et y installa une partie de ses trésors. Au XXe siècle, la ville de Paris en devint propriétaire et le parc, ouvert au public, devint célèbre pour sa roseraie. Le pavillon, classé monument historique en 1978 puis 2022, est aujourd’hui en cours de restauration.
Les jardins, redessinés au XIXe siècle par l’architecte-paysagiste Varé, conservent des vestiges des fabriques originales (glacière, kiosque chinois) et des statues retrouvées, comme les sphinx de Roland ou les allégories de Lhuillier. Le mobilier d’origine, dispersé lors de ventes aux XIXe et XXe siècles, est partiellement reconstitué grâce à des acquisitions récentes, comme un fauteuil de Georges Jacob retrouvé en 2021.
Le pavillon incarne à la fois l’esprit des Lumières, avec son mélange d’érudition et de fantaisie, et les excès de l’Ancien Régime. Son histoire reflète les bouleversements politiques français, de la monarchie à la République, en passant par l’Empire. Aujourd’hui, il reste un témoignage exceptionnel de l’art décoratif du XVIIIe siècle et de l’évolution des jardins parisiens.