Frise chronologique
1924
Décision suisse
Décision suisse
1924 (≈ 1924)
Projet de pavillon lancé par la Suisse.
1930
Commande à Le Corbusier
Commande à Le Corbusier
1930 (≈ 1930)
Rudolf Fueter confie le projet au cabinet.
1931–1933
Construction
Construction
1931–1933 (≈ 1932)
Réalisation par Le Corbusier et Jeanneret.
1948
Fresque du Salon courbe
Fresque du Salon courbe
1948 (≈ 1948)
Remplacement du mural détruit pendant la guerre.
1953
Modification façade sud
Modification façade sud
1953 (≈ 1953)
Ajout de stores et double vitrage.
1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1986 (≈ 1986)
Protection officielle du bâtiment.
1991–1993
Restauration du gros œuvre
Restauration du gros œuvre
1991–1993 (≈ 1992)
Travaux sur terrasses et parement.
2010
Restauration paroi en verre
Restauration paroi en verre
2010 (≈ 2010)
Réfection à l’identique des pavés Nevada.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Le Corbusier - Architecte |
Concepteur du pavillon, théoricien du mouvement moderne. |
| Pierre Jeanneret - Architecte collaborateur |
Cousin et associé de Le Corbusier. |
| Charlotte Perriand - Designer d’intérieur |
Création du mobilier standardisé des chambres. |
| Rudolf Fueter - Commanditaire |
Mathématicien ayant choisi Le Corbusier. |
Origine et histoire
Le Pavillon de la Suisse, aussi appelé Fondation suisse, est un bâtiment conçu par Le Corbusier et Pierre Jeanneret entre 1931 et 1933. Situé dans la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP), il incarne les principes du mouvement moderne, notamment les cinq points de l’architecture moderne : pilotis, toit-terrasse, plan libre, façade libre et fenêtre en longueur. Commandé par la Suisse en 1924, le projet initial prévoyait 42 chambres, un réfectoire et des espaces administratifs. Le Corbusier y expérimente des matériaux innovants comme le béton armé, les murs-rideaux et une ossature métallique, tout en intégrant un mobilier standardisé conçu avec Charlotte Perriand.
L’édifice se compose de trois volumes distincts : une barre de chambres sur pilotis, un rez-de-chaussée vitré abritant les espaces communs (dont le Salon courbe orné d’une fresque de Le Corbusier), et un bloc de circulation verticale éclairé par des pavés de verre. La façade sud, entièrement vitrée, est modifiée en 1953 pour limiter l’ensoleillement, tandis que les intérieurs bénéficient d’une polychromie audacieuse et de mobilier fonctionnel. Classé monument historique en 1986, le pavillon reste un lieu de vie pour étudiants et un site culturel ouvert au public, attirant 10 000 visiteurs annuels.
La Fondation suisse est un prototype des barres d’habitation modernes, combinant innovation technique et réflexion sociale. Le Corbusier y supervise des modifications jusqu’à sa mort, comme la restauration de la fresque du Salon courbe en 1948 ou l’ajout de banquettes en émail en 1957. Les restaurations ultérieures (1991–1993, 2010) préservent son authenticité, notamment le parement en pierre reconstituée et les stores de la façade sud. Aujourd’hui, le pavillon allie fonction résidentielle, visites architecturales et programmation culturelle, mettant en avant le dialogue entre patrimoine corbuséen et création contemporaine.
Le bâtiment illustre aussi l’engagement de la Suisse dans la Cité universitaire, avec un financement mixte (privé et fédéral). Son architecture rompt avec les styles folkloriques ou académiques des autres pavillons de la CIUP, affirmant une identité résolument moderne. Les chambres, de 16 m2 chacune, intègrent des sanitaires individuels et un mobilier optimisé, reflétant la vision de Le Corbusier d’une machine à habiter. La Fondation suisse reste un symbole de l’utopie architecturale du XXe siècle, entre fonctionnalisme et esthétique avant-gardiste.