Frise chronologique
1784
Construction du pavillon
Construction du pavillon
1784 (≈ 1784)
Œuvre de Chalgrin pour la comtesse de Provence.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Domaine morcelé après la Révolution.
1820
Agrandissement par Huvé
Agrandissement par Huvé
1820 (≈ 1820)
Modifications pour la famille Mellerio.
1902
Don à une société immobilière
Don à une société immobilière
1902 (≈ 1902)
Création du lotissement Chauchard.
26 mars 1943
Classement monument historique
Classement monument historique
26 mars 1943 (≈ 1943)
Protection intégrale du pavillon.
1960
Restauration par les Bazaine
Restauration par les Bazaine
1960 (≈ 1960)
Acquisition et travaux de préservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon de musique de Madame : classement par arrêté du 26 mars 1943
Personnages clés
| Jean-François Chalgrin - Architecte |
Concepteur du pavillon en 1784. |
| Marie-Joséphine de Savoie (comtesse de Provence) - Commanditaire |
Épouse du futur Louis XVIII. |
| Jean-Jacques-Marie Huvé - Architecte |
Agrandit le pavillon en 1820. |
| Alfred Chauchard - Propriétaire et donateur |
Fonda le lotissement en 1902. |
| Jacques et Lydie Bazaine - Restaurateurs (1960) |
Sauvegarde du monument. |
Origine et histoire
Le pavillon de musique de Madame, aussi appelé pavillon de musique de la comtesse de Provence, fut édifié en 1784 par l’architecte Jean-François Chalgrin pour Marie-Joséphine de Savoie, épouse de Monsieur (futur Louis XVIII), frère de Louis XVI. Situé à Versailles dans un domaine de 12 hectares aménagé à l’anglaise, il servait de refuge loin de l’agitation de la Cour. Ce domaine, dit du Grand Montreuil, comprenait plusieurs fabriques, dont le pavillon Madame, aujourd’hui intégré au lycée Sainte-Geneviève.
Pendant la Révolution, le domaine fut saisi comme bien national et vendu en 1794, entraînant la destruction de la plupart des fabriques. Le pavillon de musique, épargné, fut acquis par la famille Mellerio, qui le fit agrandir en 1820 par l’architecte Jean-Jacques-Marie Huvé. Au XIXe siècle, il passa entre plusieurs mains, dont celles d’Alfred Chauchard, fondateur des Grands Magasins du Louvre, qui en fit don en 1902 à une société immobilière. Celle-ci lotit le parc en 105 parcelles pour récompenser ses employés, préservant cependant le pavillon au centre du nouveau quartier Chauchard.
En 1960, Jacques et Lydie Bazaine acquirent le pavillon et entreprirent sa restauration. Aujourd’hui, il appartient à leur petit-fils. Le monument se distingue par son salon de musique circulaire, coiffé d’un dôme et orné de fresques en trompe-l’œil évoquant un jardin à l’anglaise, ainsi que par un salon octogonal aux décors de stuc imitant la porcelaine de Wedgwood. Classé monument historique en 1943, il témoigne du raffinement artistique de l’Ancien Régime et des transformations urbaines du XIXe siècle.
Le pavillon illustre l’engouement des élites pour les fabriques de jardins, ces constructions pittoresques destinées à agrémenter les parcs. Son architecture néoclassique, due à Chalgrin, préfigure le style Empire, tandis que ses décors intérieurs reflètent l’influence du mouvement rousseauiste, célébrant la nature. Une gravure de Krafft en a perpétué l’image avant sa transformation au XIXe siècle.