Frise chronologique
1683
Acquisition par Louis XIV
Acquisition par Louis XIV
1683 (≈ 1683)
Achat du Bois des Hubies aux moines de Saint-Germain-des-Prés.
1750–1754
Construction du pavillon
Construction du pavillon
1750–1754 (≈ 1752)
Bâti par Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Saisi pendant la Révolution, vendu à un notaire.
1802–1809
Propriété de Joséphine de Beauharnais
Propriété de Joséphine de Beauharnais
1802–1809 (≈ 1806)
Acquis puis rendu à l’État après son divorce.
1854
Restauration par Napoléon III
Restauration par Napoléon III
1854 (≈ 1854)
Réintégré au domaine de Versailles, dépendances détruites.
1870
Saccage par les Prussiens
Saccage par les Prussiens
1870 (≈ 1870)
Boiseries brûlées pendant la guerre franco-prussienne.
1927
Classement monument historique
Classement monument historique
1927 (≈ 1927)
Protection intégrale du pavillon et de ses abords.
2015
Projet de vente contesté
Projet de vente contesté
2015 (≈ 2015)
Recours juridique contre la cession par l’État.
2024
Classement des intérieurs
Classement des intérieurs
2024 (≈ 2024)
Protection renforcée par décret du 24 mai.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cet immeuble fait partie du Domaine national du château de Versailles institué par le décret n°2024-472 du 24 mai 2024. Les parties intérieures ont été classées au titre des Monuments historiques intégralement et de plein droit par ce décret.
Personnages clés
| Louis XV - Roi de France |
Commanditaire du pavillon pour ses chasses. |
| Ange-Jacques Gabriel - Architecte royal |
Concepteur du pavillon et des dépendances. |
| Joséphine de Beauharnais - Impératrice des Français |
Propriétaire de 1802 à 1809. |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Restaura le pavillon en 1854. |
| Paul Poiret - Couturier |
Locataire (1911–1917), organisa des fêtes. |
| Edmond Blanc - Éleveur et maire |
Loua le pavillon pour ses juments poulinières. |
Origine et histoire
Le pavillon du Butard fut édifié entre 1750 et 1754 par l’architecte Ange-Jacques Gabriel sur ordre de Louis XV, sur une parcelle du Bois des Hubies acquise par Louis XIV en 1683. Ce pavillon de chasse, initialement nommé « pavillon des Hubies », s’insérait dans un ensemble incluant une laiterie, une écurie et un pavillon de garde. Il servit de lieu de villégiature pour Louis XV et Louis XVI lors de parties de chasse, avant d’être saisi comme bien national en 1794 pendant la Révolution.
Vendue à un notaire parisien puis acquise par Joséphine de Beauharnais en 1802, la propriété revint à l’État en 1809 après son divorce. Napoléon III le fit restaurer en 1854 et le réintégra au domaine de Versailles, mais les dépendances furent détruites, sauf le pavillon de garde. Saccagé en 1870 par les Prussiens, l’édifice tomba en désuétude avant d’être loué à des personnalités comme Paul Poiret (1911–1917), qui y organisa des fêtes mémorables, ou Edmond Blanc, éleveur de chevaux.
Au XXe siècle, le pavillon abritera un musée éphémère (1933–1944), servira de refuge après la Libération, puis sera associé à des affaires politiques comme celle des « ballets roses » en 1959. Classé monument historique en 1927, il reste propriété de l’État, géré par l’Office national des forêts. En 2015, un projet de vente suscita une opposition juridique, et en 2019, le Centre des monuments nationaux manifesta un intérêt pour son rachat.
D’un point de vue architectural, le pavillon se distingue par son fronton sculpté représentant une chasse au sanglier, son vestibule aux sols en damier, et son salon circulaire aux boiseries détruites en 1870. Les modifications de 1860, comme la suppression des dépendances, altérèrent partiellement sa structure d’origine. Aujourd’hui, il incarne un patrimoine royal et forestier préservé, bien que menacé par des projets de cession.
Le site, accessible par le chemin du Butard, se situe en lisière de la forêt domaniale de Fausses-Reposes, à proximité de Vaucresson. Son histoire reflète les mutations politiques françaises, des monarchies à la République, en passant par les empires et les guerres. Les intérieurs, classés en 2024, témoignent encore de son faste passé, malgré les vicissitudes subies au fil des siècles.