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Pavillon Jean de Julienne

Pavillon Jean de Julienne

    126 Rue Nationale
    75013 Paris 13e Arrondissement
Propriété de l’État
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
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Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
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Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Pavillon Jean de Julienne
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1735
Construction du pavillon
1930
Pose d’un auvent protecteur
27 mai 1964
Inscription aux monuments historiques
1968
Démontage définitif
19 octobre 2018
Protection des Nouvelles manufactures
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean de Julienne (ou Jullienne) - Mécène et collectionneur Commanditaire du pavillon en 1735.
Louis Blanchet - Architecte des Nouvelles manufactures Responsable du démontage en 1968.
Henri Nodet - Dessinateur Relevés du pavillon en 1900 (musée Carnavalet).
Eugène Atget - Photographe Captures du pavillon avant destruction.

Origine et histoire

Le pavillon Jean de Julienne fut érigé en 1735 pour Jean de Julienne (ou Jullienne), mécène et directeur d’une manufacture de draps située entre deux bras de la Bièvre, à proximité de la manufacture des Gobelins dans le quartier Saint-Marcel. Ce petit bâtiment de plan rectangulaire, doté d’un rez-de-chaussée et d’un étage sous combles, se distinguait par une toiture à pans coupés percée de lucarnes et des ornements sculptés (mascarons, guirlandes, consoles à volutes) encadrant les baies du rez-de-chaussée. Ces décorations reflétaient le statut social de son commanditaire, proche des milieux artistiques et industriels de l’époque.

Au fil des siècles, le pavillon s’abîma progressivement : ses sculptures se dégradèrent, sa toiture disparut, et il fut partiellement enterré par le rehaussement du sol d’environ deux mètres. Malgré des tentatives de préservation (pose d’un auvent dans les années 1930), son état se détériora. En 1964, il fut inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, mais son démontage fut décidé pour permettre la construction des Nouvelles manufactures des Gobelins par l’architecte Louis Blanchet. Seules les façades sculptées devaient être conservées, mais le projet d’intégration dans le nouveau bâtiment ne fut jamais réalisé.

Les vestiges du pavillon, démontés pierre par pierre en 1968, furent déposés le long du bâtiment Perret du Mobilier national, où l’érosion acheva de les dégrader. Aujourd’hui, il ne subsiste que des traces documentaires (relevés d’Henri Nodet en 1900, photographies d’Eugène Atget) et une pierre gravée indiquant l’entretien de la Bièvre sur 70 toises et 4 pieds, rappelant son lien avec l’ancien cours d’eau. Le site, marqué par l’histoire industrielle et artisanale de Paris, illustre les transformations urbaines du 13e arrondissement.

La rue Berbier-du-Mets, où se trouvait le pavillon, suit l’ancien lit de la Bièvre, fleuve aujourd’hui disparus mais dont le tracé fut matérialisé en 2008 par un marquage au sol. Ce quartier, autrefois marqué par les activités de tannerie et de teinture (comme en témoignent les persiennes en bois de l’immeuble du no 16-18 bis, construit pour un mégissier en 1901), conserve des traces de ce passé pré-industriel. Le pavillon de Julienne s’inscrivait dans ce paysage économique, à la jonction des mondes artisanaux et aristocratiques.

Jean de Julienne, figure méconnue mais influente, incarne le mécénat du XVIIIe siècle. Collectionneur et proche des artistes, il symbolise les liens entre l’élite économique et la création artistique sous l’Ancien Régime. Son pavillon, bien que modeste par sa taille, reflétait cette ambition de marquer le territoire par une architecture soignée, dans un quartier alors en pleine mutation, entre manufactures royales et habitations bourgeoises.

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