Frise chronologique
1710
Acquisition par le maréchal de Villars
Acquisition par le maréchal de Villars
1710 (≈ 1710)
Achat de l’hôtel pour 150 000 livres.
1722
Achèvement de l’aile principale
Achèvement de l’aile principale
1722 (≈ 1722)
Construction par Robert de Cotte pour Villars.
1792
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
L’hôtel est confisqué après l’assassinat du duc de Brissac.
1849-1853
Restauration par la marquise de Portes
Restauration par la marquise de Portes
1849-1853 (≈ 1851)
Réaménagement pour autonomiser l’hôtel.
30 septembre 1954
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
30 septembre 1954 (≈ 1954)
Protection des décors et de l’hôtel.
1961
Acquisition par Sainte-Marie de Neuilly
Acquisition par Sainte-Marie de Neuilly
1961 (≈ 1961)
Transformation en établissement scolaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La décoration de la salle de Compagnie et du grand Salon : classement par arrêté du 30 septembre 1954 ; L'hôtel (sauf les ailes sur la cour) , ainsi que le sol du jardin : inscription par arrêté du 30 septembre 1954
Personnages clés
| Maréchal de Villars - Propriétaire et commanditaire |
Fit construire et réaménager l’hôtel au XVIIIe. |
| Robert de Cotte - Architecte |
Conçut l’aile principale vers 1722. |
| Germain Boffrand - Architecte |
Réalisa le portail monumental pour Villars. |
| Duc de Brissac - Propriétaire (1772-1792) |
Transforma le jardin à l’anglaise. |
| Marquise de Portes - Restauratrice (1849-1853) |
Autonomisa l’hôtel après sa séparation d’avec la mairie. |
| Albert Cahen - Propriétaire et mécène |
Fit de l’hôtel un lieu mondain fin XIXe. |
Origine et histoire
Le Petit Hôtel de Villars, situé au 118 rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier dont l’aile principale remonte au XVIIIe siècle. Initialement conçu comme une dépendance du Grand Hôtel de Villars (actuelle mairie du 7e), il fut édifié vers 1722 par Robert de Cotte pour le maréchal de Villars, duc et pair de France. L’édifice reflète les transformations architecturales et sociales du faubourg Saint-Germain, passant d’un espace rural à un quartier aristocratique.
Acquis par le maréchal de Villars en 1710, l’hôtel subit d’importants réaménagements, dont l’ajout d’un portail monumental par Germain Boffrand. Après la mort de Villars en 1734, le bâtiment change plusieurs fois de propriétaires, dont le duc de Brissac, qui y installe ses collections et transforme le jardin à l’anglaise. Saisi pendant la Révolution, il abrite des ministres sous le Directoire avant d’être rendu à la famille Brissac sous la Restauration.
Au XIXe siècle, le Petit Hôtel de Villars devient un lieu mondain sous l’impulsion de la famille Cahen d’Anvers, qui y organise salons et concerts. Classé Monument Historique en 1954 pour ses décors (grand Salon et salle de Compagnie) et son architecture, il est aujourd’hui propriété de l’Association Sainte-Marie de Neuilly et abrite une section du collège-lycée Paul Claudel-d’Hulst. Son histoire, étroitement liée à celle du Grand Hôtel et de la mairie du 7e, en fait un témoignage rare des mutations urbaines et sociales de Paris.
L’aile principale, cœur de l’hôtel, conserve des traces de son passé commun avec la mairie, comme des portes condamnées. Ses façades classiques, ornées de devises latines célébrant la victoire de Denain (1712), et son jardin en font un exemple remarquable d’hôtel particulier parisien. Les réaménagements successifs, notamment ceux de Nicolas Bartaumieux (1849-1853), ont permis à cette ancienne dépendance de devenir un hôtel autonome, préservé malgré les transformations du quartier.
Le bâtiment, organisé autour d’une cour d’honneur et d’un jardin, illustre le plan classique des hôtels du faubourg Saint-Germain. Son rez-de-chaussée, modifié pour créer un grand Salon, et ses étages supérieurs, autrefois réservés aux domestiques, témoignent des adaptations liées à son statut changeant. Aujourd’hui, bien que fermé au public, il reste un lieu d’enseignement et un patrimoine architectural protégé, symbolisant l’héritage aristocratique et bourgeois de Paris.