Petit temple antique de Pupillin dans le Jura

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Fanum

Petit temple antique de Pupillin

  • Village
  • 39600 Pupillin
Petit temple antique de Pupillin
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Petit temple antique de Pupillin
Petit temple antique de Pupillin
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Petit temple antique de Pupillin
Petit temple antique de Pupillin
Petit temple antique de Pupillin
Crédit photo : Otourly - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
100
200
300
1900
2000
Ier siècle av. J.-C.
Construction du premier fanum
IIe siècle
Construction du second fanum
1969-1975
Fouilles archéologiques
1985-1986
Fouilles complémentaires
2 novembre 1987
Inscription aux monuments historiques
Fin du XIXe siècle
Découverte du fanum
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Petit temple antique ou Fanum (cad. AE 30) : inscription par arrêté du 2 novembre 1987

Personnages clés

Alphonse Guichard Prêtre-archéologue ayant découvert et fouillé le fanum à la fin du XIXe siècle.
Jean-Louis Odouze Archéologue ayant mené des fouilles entre 1969 et 1975.

Origine et histoire du Petit temple antique

Le fanum de Pupillin est un petit temple gallo-romain du Haut Empire romain (Ier siècle av. J.-C. au IIe siècle), dont subsistent quelques vestiges archéologiques. Le site, situé sur la commune de Pupillin dans le département du Jura en Franche-Comté, est inscrit aux monuments historiques depuis le 2 novembre 1987. Découvert à la fin du XIXe siècle, il a fait l'objet de fouilles dans les années 1970 et 1980, qui ont précisé sa structure, sa nature et sa datation.

Il se trouve à la bordure occidentale du massif du Jura, sur le flanc du plateau de Lons-le-Saunier, à environ 540 m d'altitude, et domine le vignoble arboisien. Les ruines, aujourd'hui en milieu forestier, sont à 1,5 km au sud-sud-ouest du village de Pupillin et à 2 km à l'est de Buvilly. Le fanum est implanté sur des éboulis recouvrant des terrains calcaires et marneux du Lias terminal et du Dogger, dans une zone tectoniquement marquée par de nombreuses failles d'orientation générale sud-ouest–nord-est. Il occupe un petit compartiment délimité par une faille située à quelques centaines de mètres à l'est et par une autre faille supposée, enfouie sous les éboulis, à l'ouest.

Le monument correspond à la superposition de deux fanums édifiés successivement aux Ier et IIe siècles. Le premier se caractérise par une cella de 7 m de côté dont les murs sont maçonnés, tandis que les murs de la galerie extérieure sont en pierres sèches, ce qui suggère l’existence d’un portique porté par des piliers en bois. Le second édifice, dégagé par l'abbé Guichard à la fin du XIXe siècle, est de taille plus modeste et ses ruines ont été perturbées par une tranchée creusée à cette époque ; il réutilise toutefois des portions des murs du fanum antérieur et présente une structure comparable. Ce second temple était couvert de tuiles et sa galerie périphérique reposait sur une sablière basse appuyée sur un muret de pierres sèches, indiquant des piliers en bois soutenant la charpente. À 5,5 m à l'est des édifices, une terrasse creusée dans le rocher, de 6 m sur 18 m, a été aménagée pour atténuer la pente ; son sol est tapissé de pierres et de tuiles fortement concassées.

Dans l'aire du fanum se trouve une petite cavité de 35 × 30 cm pour 20 cm de profondeur, que l'abbé Guichard avait prise pour un sarcophage ; la présence d'un scellement latéral suggère cependant un couvercle et oriente plutôt vers l'interprétation d'un tronc à offrande.

Le fanum a été découvert en forêt par le prêtre-archéologue Alphonse Guichard, qui fouilla également une vaste villa gallo-romaine voisine entre 1887 et 1890. Lors de ses interventions dans une construction carrée de 5,4 m de côté, il exhuma une pierre creusée, plusieurs centaines de pièces de monnaie et divers objets, notamment des clochettes qu'il prit alors pour des accessoires de lampe ; il envisagea également, en raison de sa situation dominante, l'hypothèse d'une vigie ou d'une tour de guet. Après une période d'oubli et de réensevelissement par la végétation, le site fut redécouvert par M. Mathieu, qui observa encore trois murs élevés.

Une première campagne conduite par Jean-Louis Odouze entre 1969 et 1975 a mis au jour l'organisation réelle du monument, révélant deux fanums partiellement superposés ; les monnaies retrouvées permettent de dater le premier fanum du Ier siècle (pièces de l'époque d'Auguste) et le second des IIe siècle, en lien avec le mobilier mis au jour par Guichard. Les fouilles de 1985–1986 ont précisé la nature de la terrasse, l'organisation des éboulis, les accès au monument ainsi que les opérations de restauration et de mise en valeur ; elles ont notamment mis en évidence un trou de poteau dans la galerie nord, la limite de la terrasse à 5,5 m de la cella et la présence de nombreux clous traduisant l'existence probable d'éléments en bois. Un couteau en fer de 19 cm et un poids, vraisemblablement un plomb à fil, ont également été découverts à proximité des fanums.

Liens externes