Origine et histoire de la Petite Écurie
La Petite Écurie de Versailles, construite entre 1679 et 1681 sous la direction de l’architecte Jules Hardouin-Mansart, s’inscrit dans l’ensemble des Écuries royales de l’École de Versailles, aux côtés de la Grande Écurie. Sous l’Ancien Régime, elle était placée sous l’autorité du Premier écuyer et abritait l’école des pages du roi, réservée à la noblesse ancienne (preuves de noblesse exigées depuis 1550 au minimum). Ce lieu assurait l’entretien des montures ordinaires, des chevaux d’attelage, des voitures et des traîneaux, tandis que sa Maréchalerie (1683–1685), construite en arrière, complétait ses fonctions en remplaçant l’écurie modeste du Roi, devenue écurie de la Reine.
Classée monument historique en 1929, la Petite Écurie a connu des usages variés : casernement de l’École de l’air (1935–1939), occupation par la Wehrmacht en 1940, puis installation de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles depuis 1969. Depuis 1999, elle abrite aussi les ateliers de restauration du centre de recherche des musées de France. La Maréchalerie, classée en 1988, est devenue en 2004 un centre d’art contemporain, tandis qu’une gypsothèque (5 000 moulages antiques) y est ouverte au public depuis 2012, héritière des copies commandées par Colbert aux pensionnaires de l’Académie de France à Rome.
L’architecture de la Petite Écurie, symétrique à celle de la Grande Écurie, s’organise autour de cinq cours (dont une grande cour à colonnade) et d’un ancien manège circulaire sous rotonde. Les façades, en pierre visible côté château et en brique rouge ailleurs, présentent des sculptures sur le portail principal. Les galeries, voûtées et à double niveau, contrastent avec la simplicité de la Grande Écurie. Aujourd’hui, le site allie patrimoine historique, enseignement, restauration d’œuvres et expositions, tout en abritant des statues originales du château de Versailles en cours de préservation.
Parmi les éléments remarquables, la Galerie des Sculptures et des Moulages conserve des graffitis de Mai 68 sur les plâtres des Beaux-Arts, considérés comme des traces historiques. Depuis 2008, des statues du domaine (comme Latone ou les groupes des Bains d’Apollon) y sont protégées, remplacées in situ par des copies. Ce lieu, à la fois écurie royale, site éducatif et pôle culturel, illustre l’évolution des usages du patrimoine versaillais depuis le XVIIe siècle.