Frise chronologique
Néolithique
Période de construction
Période de construction
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Érection de la statue-menhir
1821
Première fouille infructueuse
Première fouille infructueuse
1821 (≈ 1821)
Inclinaison causée par un officier
1822
Découverte d'une seconde statue
Découverte d'une seconde statue
1822 (≈ 1822)
Menhir de Laucate, brisé puis réutilisé
1825
Menace d'effondrement signalée
Menace d'effondrement signalée
1825 (≈ 1825)
Demande de redressement formulée
17 septembre 1883
Classement monument historique
Classement monument historique
17 septembre 1883 (≈ 1883)
Protection officielle par arrêté
fin 1883/début 1884
Redressement de la pierre
Redressement de la pierre
fin 1883/début 1884 (≈ 1884)
Intervention de la commission archéologique
1898
Identification comme statue-menhir
Identification comme statue-menhir
1898 (≈ 1898)
Par l'abbé Hermet
1985
Nettoyage des lichens
Nettoyage des lichens
1985 (≈ 1985)
Préservation des gravures résiduelles
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhir dit Peyro-Lebado : classement par arrêté du 17 septembre 1883
Personnages clés
| Officier du génie (anonyme) - Fouilleur en 1821 |
Cause l’inclinaison de la pierre |
| Abbé Bouisset - Chroniqueur local |
Mentionne la pierre en 1881 |
| Abbé Hermet - Archéologue |
Identifie la statue-menhir en 1898 |
| Commission archéologique du Tarn - Organisme de préservation |
Redresse la pierre en 1883-1884 |
| Gabriel Rodriguez - Historien local |
Évoque son état en 1845 |
| Marc Jarry - Archéologue moderne |
Étudie sa protection et conservation |
Origine et histoire
La Peyro-Lebado, aussi appelée statue-menhir de Lacaune ou Pierre plantée, est une statue-menhir masculine du Néolithique située à Lacaune, dans le Tarn (Occitanie). Elle appartient au groupe rouergat et se distingue par sa taille imposante : 4,50 m de hauteur pour 9,3 tonnes, taillée dans une dalle de granite transportée depuis un site distant de 3 km. Son décor gravé, bien qu’érodé, révèle des traits anthropomorphes (visage, bras, jambes) et des attributs comme une ceinture à boucle décorée, un baudrier et un anneau. La pierre, initialement choisie pour ses faces planes, pourrait avoir été retravaillée.
L’histoire de la Peyro-Lebado est marquée par plusieurs interventions humaines. Dès 1821, une fouille malencontreuse à son pied provoque son inclinaison. En 1825, menacée de chute, sa consolidation est autorisée, mais elle reste penchée jusqu’en 1865, date à laquelle elle est signalée comme renversée. Ce n’est qu’en 1883, après son classement au titre des monuments historiques, qu’elle est redressée par la commission archéologique du Tarn. Une seconde statue-menhir, découverte en 1822 près du Trou de l’Avent, fut brisée et réutilisée au moulin de Leucate, avant d’être identifiée sous le nom de menhir de Laucate.
La statue-menhir est un témoignage exceptionnel des pratiques funéraires et symboliques du Néolithique. Son érection, nécessitant un transport complexe sur un terrain accidenté, suggère une organisation sociale avancée et une maîtrise technique remarquable. Les gravures, bien qu’effacées, évoquent un personnage masculin paré d’objets rituels ou statutaires, reflétant peut-être un culte des ancêtres ou une hiérarchie sociale. Son redressement en 1883, réalisé en présence du juge de paix en raison de sa position à l’intersection de quatre parcelles, illustre aussi son importance comme repère territorial.
En 1985, la Peyro-Lebado est nettoyée de ses lichens pour préserver ses gravures résiduelles. Son état actuel permet encore d’observer des détails comme les encoches liées à son redressement ou les traces de la ceinture et de la boucle. Classée parmi les plus remarquables statues-menhirs d’Europe, elle attire l’attention des archéologues pour son iconographie et son histoire mouvementée, tout en restant un symbole du patrimoine mégalithique tarnais.
Les sources historiques, notamment les travaux de l’abbé Hermet (1898) et les bulletins de la société littéraire de Castres, documentent son évolution depuis le XIXe siècle. Les études récentes, comme celles de Marc Jarry ou Michel Maillé, soulignent son appartenance au groupe rouergat et son rôle dans la compréhension des pratiques néolithiques en Occitanie. Aujourd’hui, elle reste un monument accessible, bien que sa localisation exacte soit parfois difficile à préciser en raison des divisions parcellaire historiques.