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Phare d'Ar-Men

Phare d'Ar-Men


    Île-de-Sein
Propriété de l'Etat
Phare dAr-Men
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Phare dAr-Men
Phare dAr-Men
Phare dAr-Men
Crédit photo : Jocelyn Caron - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1859
Naufrage de la corvette *Sané*
1867-1881
Construction du phare
30 août 1881
Mise en service
1897-1902
Renforcement de la base
10 avril 1990
Automatisation
20 avril 2017
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit au titre des Monuments historiques le 31 décembre 2015 en raison de son caractère unique lié à l'exiguïté des lieux, de l'exploit technique et humain qui a permis sa réalisation et sa valeur iconique. Le phare d'Ar-Men, en totalité, y compris son soubassement, situé sur la roche d'Ar-Men à l'extrêmité ouest de la chaussée de l'île de Sein (Finistère), sur le domaine public maritime non cadastré, coordonnées géographiques : 48°03'005'' N – 04°59'865'' W : classement par arrêté du 20 avril 2017

Personnages clés

Léonce Reynaud - Ingénieur-architecte Concepteur principal du phare.
Paul Joly - Ingénieur conducteur Dirigea les premiers travaux.
Alfred Cahen - Jeune ingénieur Supervisa la maçonnerie initiale.
Sébastien Plouzennec - Gardien-chef Mort en 1921, emporté par une vague.
Jean-Pierre Abraham - Écrivain et gardien (1959-1963) Auteur de *Armen*, témoignage littéraire.
Henri Le Gall - Commandant de la *Velléda* Spécialiste des relevés dangereux.

Origine et histoire

Le phare d'Ar-Men ('le rocher' en breton) est un phare en mer édifié entre 1867 et 1881 à l’extrémité de la chaussée de Sein, à 10 km à l’ouest de l’île de Sein (Finistère, Bretagne). Sa construction, décidée après le naufrage de la corvette Sané en 1859, fut un défi titanesque en raison de l’isolement du rocher, submergé par les vagues 90% du temps. Les ingénieurs Léonce Reynaud, Fenoux, et Paul Joly conçurent un projet audacieux, nécessitant des techniques innovantes comme le scellement de barres de fer dans la roche pour ancrer la maçonnerie.

Les travaux, menés par des ouvriers sénans équipés de ceintures de liège, avancèrent lentement : en 1869, seulement 25 m3 de maçonnerie étaient posés après 42 heures de travail effectif. Malgré des conditions dangereuses (un ouvrier noyé en 1880), le phare fut achevé en 1881, puis renforcé entre 1897 et 1902 pour résister aux tempêtes. Surnommé l’Enfer des Enfers par les gardiens, il fonctionnait avec des équipes de deux hommes, relevées tous les 15 jours — quand la mer le permettait. En 1921, le gardien Sébastien Plouzennec fut emporté par une vague, illustrant les risques permanents.

Automatisé en 1990 après 109 ans de service manuel, le phare est aujourd’hui classé Monument Historique (2017). Son architecture tronconique (37 m de haut), peinte en noir et blanc, abrite une optique dont la portée atteint 40 km. Symbole de la résistance humaine et technique, il inspire encore artistes et écrivains, comme Jean-Pierre Abraham, gardien de 1959 à 1963, ou Jules Verne, qui évoqua sa construction dans L’Épave du Cynthia (1885).

La vie des gardiens était rythmée par l’entretien du feu (allumage/extinction minutés), la surveillance maritime, et les tempêtes qui les cloîtraient des jours durant. Les relevés, effectués par cartahu (système de va-et-vient au-dessus des flots), pouvaient être annulés pendant des semaines — record de 89 jours sans ravitaillement en 1922. L’isolement et les tensions entre gardiens, comme cette anecdote d’un homme simulant sa disparition, ajoutaient à la légende du phare.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, trois soldats allemands occupèrent le phare, n’allumant le feu que pour les navires de la Kriegsmarine. Malgré ces épreuves, Ar-Men reste un chef-d’œuvre d’ingénierie, témoin des progrès techniques (électrification en 1988) et de la bravoure des hommes qui l’ont bâti et entretenu. Aujourd’hui, son entretien se fait par hélicoptère, mais son état préoccupe les associations patrimoniales.

Liens externes