Frise chronologique
1856
Décision de construction
Décision de construction
1856 (≈ 1856)
Commission des Phares choisit Contis sous Napoléon III.
20 décembre 1863
Mise en service
Mise en service
20 décembre 1863 (≈ 1863)
Premier allumage après 3 ans de travaux.
1937
Ajout des bandes noires
Ajout des bandes noires
1937 (≈ 1937)
Peinture en spirale par Bellocq pour navigation diurne.
21 août 1944
Destruction de la coupole
Destruction de la coupole
21 août 1944 (≈ 1944)
Sabotage allemand pendant la retraite.
1949
Rénovation post-guerre
Rénovation post-guerre
1949 (≈ 1949)
Remise en service avec nouvelle coupole.
1999
Automatisation totale
Automatisation totale
1999 (≈ 1999)
Fin de la présence permanente des gardiens.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare en totalité, avec ses locaux techniques et les anciennes maisons de gardiens avec leurs communs (cad. AL 249) : inscription par arrêté du 6 novembre 2009
Personnages clés
| Frédéric Ritter - Ingénieur |
Conçoit les plans du phare en 1860. |
| Napoléon III - Empereur |
Signe le décret de construction en 1860. |
| Bellocq - Peintre |
Réalise les bandes noires en 1937. |
| Gilles Bodin - Dernier gardien |
Fonde un musée après 1999. |
| Gabriel Brouste - Entrepreneur |
Reconstruit le phare après 1944. |
Origine et histoire
Le phare de Contis est édifié entre 1861 et 1863 sous Napoléon III pour combler un vide entre les phares de Biarritz et d'Arcachon. Le site de Contis, choisi pour sa position centrale, nécessite une tour imposante en raison de la faible hauteur de la dune. Les travaux, initialement confiés à l'entreprise Barsacq, rencontrent des difficultés techniques et logistiques, notamment en raison des sables mouvants et du manque de main-d'œuvre qualifiée. La construction utilise des moellons locaux et des pierres de Saint-Savinien, avec des fondations renforcées pour stabiliser l'édifice. Le phare entre en service le 20 décembre 1863, équipé d'une optique de 1833 transférée depuis Biarritz.
À l'origine entièrement blanc, le phare est orné en 1937 de deux bandes noires en spirale par le peintre Bellocq, le transformant en un amer reconnaissable de jour, inspiré des enseignes de barbiers américains (barber's pole). Ces bandes, partant des portes ouest et est, enroulent le fût sur toute sa hauteur. Électrifié en 1933, le phare subit des dommages pendant la Seconde Guerre mondiale : sa coupole est détruite en 1944 par les Allemands, puis reconstruite en 1949. Automatisé en 1999, il marque la fin de 135 ans de présence humaine, avec plus de trente gardiens s'étant relayés, dont le dernier, Gilles Bodin, fonde un petit musée sur place.
Le phare résiste à deux tremblements de terre (1873 et 1909) et voit son système de rotation manuel, nécessitant jusqu'en 1928 un poids de 75 kg remonté toutes les trois heures, remplacé par un mécanisme motorisé. Son escalier en colimaçon, initialement de 146 marches, en compte 192 après rénovation. La lanterne, d'abord alimentée à l'huile de colza (20 litres par nuit), puis au pétrole, abrite aujourd'hui une lampe halogène de 180 W avec une portée de 42 km. Le phare sert aussi de relais radio pour le CROSS et les télécommunications côtières.
Construit sur une dune de 11,60 mètres, le phare culmine à 53,1 mètres au-dessus de la mer, avec une focale à 39 mètres. Son optique, reposant sur une cuve à mercure pour assurer une rotation horizontale parfaite, est télécontrôlée depuis Bayonne. Classé monument historique en 2009, il reste le seul phare du département des Landes, symbolisant l'ingénierie du XIXe siècle et l'adaptation aux défis maritimes locaux. Les archives nationales conservent neuf planches techniques datées de 1862 à 1866, témoignant de sa conception.
Le corps de logis en U, bâti pour 283 681 francs, abritait initialement trois gardiens (réduits à deux en 1909), avec jardins, four à pain et poulailler. Les matériaux, acheminés via la gare de Rion-des-Landes puis par attelages de bœufs, incluent de la garluche locale et des pierres de Saint-Savinien. Le phare, propriété de l'État, illustre aussi les progrès technologiques, passant de l'huile de baleine à l'électricité, et les enjeux stratégiques, comme son occupation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale.