Frise chronologique
1774
Début de la construction du premier phare
Début de la construction du premier phare
1774 (≈ 1774)
Décision de la Chambre de commerce de Rouen
1er novembre 1775
Allumage du premier phare
Allumage du premier phare
1er novembre 1775 (≈ 1775)
Feu de charbon à 25 mètres de haut
1780
Modernisation du feu
Modernisation du feu
1780 (≈ 1780)
Remplacement par 16 lampes à huile
1825
Projet d’un nouveau phare
Projet d’un nouveau phare
1825 (≈ 1825)
Tour initiale jugée trop petite
14 juin 1829
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
14 juin 1829 (≈ 1829)
Début des travaux du phare actuel
1er avril 1835
Mise en service du nouveau phare
Mise en service du nouveau phare
1er avril 1835 (≈ 1835)
Hauteur record de 74,85 mètres
1893
Électrification du phare
Électrification du phare
1893 (≈ 1893)
Deuxième plan national d’électrification
1984
Automatisation complète
Automatisation complète
1984 (≈ 1984)
Réduction à un seul gardien
2009
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2009 (≈ 2009)
Protection du phare et de ses annexes
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures de l'ancien phare, sémaphore de Barfleur ; l'assiette des parelles et la voie d'accès (cad. B 169 (25, route du Phare) , 170 (27, route du Phare) ) : inscription par arrêté du 11 mai 2009 - Le phare de Gatteville, y compris les bâtiments annexes en totalité (cad. B 169 (25, route du Phare) ) : classement par arrêté du 19 juin 2009
Personnages clés
| Vauban (Sébastien Le Prestre de Vauban) - Ingénieur militaire |
A préconisé un phare en 1633-1707 |
| Jacques-Martin Maurice - Entrepreneur et architecte |
A construit le premier phare (1774-1775) |
| Charles-Félix Morice de la Rue - Ingénieur des Ponts et Chaussées |
Concepteur du phare actuel (1829-1835) |
| Duchesne - Ingénieur des ponts et chaussées |
A dirigé la construction du premier phare |
Origine et histoire
Le phare de Gatteville, situé à la pointe de Barfleur dans la Manche, a été construit pour sécuriser une zone maritime redoutée, marquée par de nombreux naufrages comme celui de la Blanche-Nef. Vauban avait déjà souligné en 1633-1707 la nécessité d’un phare à cet endroit, surnommé « l’horreur des gens de mer » en raison des courants violents et de l’absence de repères nocturnes. La Chambre de commerce de Rouen lance sa construction en 1774, confiée à l’entrepreneur Jacques-Martin Maurice. Une première tour de 25 mètres, allumée en 1775, utilise un feu de bois et de charbon, remplacé en 1780 par un système de 16 lampes à huile.
En 1825, face à l’insuffisance de la tour initiale pour accueillir des lentilles modernes, l’ingénieur Charles-Félix Morice de la Rue conçoit un nouveau phare de 74,85 mètres, construit entre 1829 et 1835. Ce géant de granit rose, second plus haut d’Europe, est équipé d’une optique permettant une portée de 27 milles nautiques. Electrifié en 1893 et automatisé en 1984, il abrite aujourd’hui une double optique et une cuve à mercure, tandis que l’ancien phare, transformé en sémaphore en 1835, accueille une chambre panoramique pour la surveillance maritime.
Le phare, classé Monument Historique en 2009, symbolise l’ingénierie maritime du XIXe siècle. Sa construction a nécessité 11 000 blocs de granit, totalisant 7 400 tonnes, et son fonctionnement impliquait jusqu’à six gardiens avec leurs familles, soit une quarantaine de personnes vivant sur place. Ouvert au public, il attire 35 000 à 39 000 visiteurs annuels, fermant uniquement en janvier ou par vent violent. Le site a aussi servi de décor au film Diva en 1980.
Architecturalement, le phare allie classicisme et innovation : sa tour cylindrique, posée sur un soubassement à deux niveaux, passe d’un diamètre de 9,25 mètres à la base à 6 mètres en hauteur. Une légende locale prétend qu’il compte autant de marches que de jours dans l’année (349 en réalité), de fenêtres que de semaines, et de niveaux que de mois. Les façades et toitures de l’ancien phare, ainsi que le nouveau phare et ses annexes, sont protégés depuis 2009.
Le phare de Gatteville incarne aussi l’histoire des techniques d’éclairage maritime : du feu de charbon (1775) aux réverbères à huile (1780), puis à l’électricité (1893), en passant par des optiques de plus en plus performantes. Son rôle dans la sécurité maritime reste crucial, avec une lanterne équipée d’un xénon de 1600 watts et une portée de 29 milles. Le sémaphore adjacent, opéré par neuf guetteurs, surveille en continu le trafic au nord-est du Cotentin.