Origine et histoire du Phare de l'île d'Aix
Le phare de l'île d'Aix, situé en Charente‑Maritime, est constitué de deux tours jumelles et fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 15 avril 2011.
Dès la fin du XVIIe siècle un fanal occupait le sommet de la tour centrale du fort de la Rade, fort détruit en 1757.
Au début du XIXe siècle le point de repère devient un sémaphore en charpente installé sur le parapet du demi‑bastion gauche (ouest) du front de terre du fort de la Rade.
À cet emplacement on allume un premier phare en charpente en 1821.
La reconstruction en pierre, conduite selon un projet d'A. Garnier, est réalisée en 1840‑1841 et un feu fixe blanc est mis en service en 1841.
En 1889 l'usage du feu pour signaler les hauts‑fonds de Boyard impose la construction d'une seconde tour munie d'un écran rouge ; à la même époque le feu devient à éclats.
Les deux tours sont décrites comme identiques : soubassement débordant en granite, fût cylindrique en pierre de taille calcaire, couronnement évoquant un chapiteau avec abaque circulaire.
Le texte mentionne pour ces tours une hauteur de treize mètres chacune dans la description architecturale, tandis qu'une autre mention indique 25,3 mètres.
L'escalier compte environ soixante‑dix marches autour d'un noyau ; les marches de la tour‑écran sont en calcaire, celles de la tour‑feu en granite.
La lanterne est un cylindre à armature métallique (bronze et fer), vitrée sur la moitié de sa hauteur et sommée d'une coupole en cuivre munie d'une sphère de décompression des gaz.
La cuve à mercure de 1889, en fonte, est vissée par une colonne axiale boulonnée sur le noyau de l'escalier.
L'optique se compose de quatre panneaux catadioptriques récents posés sur un plateau à engrenage entraîné par un moteur électrique.
L'écran de la seconde tour est un panneau en plexiglas rouge installé sur un châssis métallique ; un petit écran rouge est aussi apposé sur le garde‑corps de la tour‑feu.
Le local technique, situé dans le fort, est un appentis en moellon enduit doté d'une petite corniche moulurée.
Ce dispositif de deux tours jumelles est un type rare, conçu pour éclairer un danger très précis.
Le feu fonctionne par secteurs blanc et rouge à l'aide de quatre blocs optiques tournant autour de la source lumineuse ; cette technique oblige à placer le filtre rouge à distance pour définir précisément la limite des secteurs.
La tour Est, en service depuis 1889, porte le feu, tandis que la tour Ouest porte le filtre générant le secteur rouge depuis 1906.
Un écran rouge sur la balustrade de la lanterne, complété par la tourelle située à 15 m, produit un secteur rouge de 15° couvrant la longe de Boyard et les rochers d'Antioche.
Ce dispositif a été installé en 1888 lors du remplacement du premier feu installé en 1840.
Le phare fonctionne toujours mais n'est plus gardienné : il est mentionné comme automatisé en 1975, contrôlé à distance depuis le port de La Pallice à La Rochelle, et n'est pas ouvert au public.
Certaines notices indiquent 1994 comme année d'automatisation des feux.
Son feu blanc et rouge, d'une fréquence de cinq secondes, est éclairé par une lampe aux halogénures métalliques de 250 watts ; la portée dans le secteur rouge est de 35 kilomètres (19 milles).
Les deux tours sont surnommées « Les géants de l'île » et l'île dispose aujourd'hui d'un plan lumière pour valoriser son patrimoine.
Le dernier gardien en poste fut Jacqueline Cochard, de 1983 à 1994.
Son beau‑père, Edmond Cochard, a été gardien des phares d'Ar‑Men, de Chassiron et d'Aix entre 1931 et 1953.
L'avant‑dernier gardien, Louis Adrien Simonneau, prit ses fonctions en avril 1953 et resta en poste jusqu'au début de 1980.
Né le 22 janvier 1920 à Ker Borny sur l'île d'Yeu, il est décédé le 16 août 1995 à l'hôpital de La Rochelle et repose au cimetière de Fouras ; il avait épousé Rose Bernard le 13 juin 1945 et eu trois enfants.
Après un engagement dans la marine et des années de guerre marquées par plusieurs captivités et évasions, il fut recruté dans la section « phares et balises » et occupa des postes aux phares de la Banche et du Grand phare de l'île d'Yeu avant son affectation à l'île d'Aix.
Il passa 27 ans en poste sur l'île d'Aix avec sa famille, participa à la vie locale et associative, puis prit sa retraite à Fouras au début de 1980.
La galerie d'images propose des vues depuis l'ouest, le sud et le nord, et des ressources documentaires et notices (Mérimée, Archives nationales, portails dédiés) sont disponibles en annexe.