Frise chronologique
1839
Allumage du premier phare
Allumage du premier phare
1839 (≈ 1839)
Tour cylindrique de 43 mètres en maçonnerie.
4 août 1944
Destruction du phare
Destruction du phare
4 août 1944 (≈ 1944)
Explosion causée par les troupes allemandes.
1950-1951
Construction du phare actuel
Construction du phare actuel
1950-1951 (≈ 1951)
Tour en béton par Ernest Scuiller.
février 1952
Allumage du feu actuel
Allumage du feu actuel
février 1952 (≈ 1952)
Mise en service définitive du phare.
31 décembre 2015
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
31 décembre 2015 (≈ 2015)
Protection totale du site et annexes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare de l'île de Sein en totalité, les façades et toitures des bâtiments annexes et le sol d'assiette du bâtiment du phare, situés sur la pointe nord-ouest de l'île de Sein, non cadastré, coordonnées géographiques 48°02'61,3'' N ; 04°52'01''3 W (WGS84) : inscription par arrêté du 31 décembre 2015
Personnages clés
| Ernest Scuiller - Ingénieur |
Conçoit le procédé de coulée du béton. |
| André Blondel - Inventeur |
Crée les radio-phares installés en 1911. |
| Général de Gaulle - Homme d'État |
Reçoit une pierre du phare détruit en 1946. |
Origine et histoire
Le premier phare de l’île de Sein, une tour cylindrique de 43 mètres en maçonnerie, fut allumé en 1839. En 1876, sa partie supérieure fut peinte en noir, et en 1896, une usine à gaz y fut ajoutée. En 1911, il devint l’un des premiers radio-phares français, équipé d’un émetteur sur ondes amorties (indicatif radio S •••) pour guider les navires vers Brest. Electrifié en 1935, il fut détruit le 4 août 1944 par les troupes allemandes en retraite, après qu’elles eurent entreposé des munitions dans sa cave, provoquant une explosion d’une violence exceptionnelle. Les débris furent projetés à des centaines de mètres, et des blocs de granite en témoignent encore aujourd’hui.
Après la guerre, un pylône métallique provisoire fut érigé en 1945, remplacé en 1946 par un feu électrique. La reconstruction du phare actuel, une tour tronconique en béton sur soubassement carré, débuta en 1950 selon un procédé innovant de coulée mis au point par l’ingénieur Ernest Scuiller. Allumé en février 1952, il intègre aussi une centrale électrique alimentant l’île et une autoclave pour désaliniser l’eau de mer. Le site fut classé en 1980, puis le phare inscrit aux monuments historiques en 2015. Il symbolise à la fois la résilience de l’île et son rôle clé pour la navigation en mer d’Iroise.
Le phare actuel illustre une combinaison unique de fonctions : balisage maritime, production d’électricité pour les 200 habitants de l’île (les Sénans), et fourniture d’eau potable via la désalinisation. Son architecture, mêlant béton et maçonnerie de pierre, reflète les techniques de reconstruction d’après-guerre. La visite du site permet d’observer les vestiges du premier phare, notamment les blocs de granite dispersés par l’explosion de 1944, ainsi que les bâtiments annexes abritant les logements des gardiens. L’île de Sein, décorée de la Croix de la Libération en 1946, entretient un lien fort avec ce monument, comme en témoigne la pierre du phare détruit offerte au général de Gaulle lors de sa visite.