Origine et histoire
Le phare de la Banche est un édifice maritime construit entre 1862 et 1865 sur un plateau rocheux au large de La Baule-Escoublac, en Loire-Atlantique. Conçu par les ingénieurs Chatoney et Leferme, il remplace une première tourelle en maçonnerie érigée en 1825 sur le banc du Turc. Sa structure tronconique, en granit et pierres apparentes, culmine à 30,30 mètres avec une focale à 26,50 mètres. Il est caractérisé par des bandes horizontales noires et blanches ajoutées en 1893 pour le distinguer des autres phares voisins.
La construction du phare fut un défi logistique majeur, nécessitant une flottille de gabares, un sloop à vapeur et des canots pour transporter les matériaux depuis Saint-Nazaire, à 24 km. Une digue de 100 mètres et une voie ferrée furent aménagées pour acheminer les pierres, tandis que les fondations furent renforcées avec du ciment Portland. Initialement prévu plus haut, le phare fut réduit à 26,50 mètres en raison de l'instabilité du socle rocheux.
Le phare a connu plusieurs évolutions techniques : un feu fixe rouge en 1865, remplacé en 1896 par un feu à occultations, puis en 1930 par un système d'éclats groupés. Électrifié et automatisé en 1986, il fut le dernier phare habité de Loire-Atlantique. Une sirène, installée en 1907 et supprimée en 1986, complétait ses équipements. Son optique historique de 1930 est aujourd’hui exposée à Nantes-Saint-Nazaire.
Classé monument historique en 2011, le phare comprend une tour en maçonnerie lisse, une lanterne octogonale et une jetée d’accès de 107 mètres. Son intérieur, divisé en trois niveaux (magasin, cuisine, chambres), montre des signes de dégradation malgré un extérieur bien conservé. Un aérogénérateur, ajouté pour l’alimentation électrique, modifie partiellement sa passerelle d’origine.
Le phare de la Banche incarne l’ingénierie maritime du XIXe siècle, marqué par des adaptations constantes aux progrès techniques. Son histoire reflète aussi les enjeux de la signalisation côtière, cruciale pour la navigation en Atlantique. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine industriel et maritime des Pays de la Loire.
Son plateau rocheux, émergent seulement lors des basses mers, ajoute une dimension géologique unique à ce monument. Les archives nationales conservent des plans datés de 1905, témoignant de son importance dans l’histoire des phares français.