Origine et histoire du Phare de la Coubre
Le phare de la Coubre, situé à La Tremblade en Charente-Maritime, est édifié au début du XXe siècle pour sécuriser l’accès à l’estuaire de la Gironde, une zone maritime dangereuse marquée par des bancs de sable et des courants violents. Sa construction en béton armé, une première en France pour un phare, répond à l’urgence de remplacer les précédents édifices détruits par l’érosion et les tempêtes, dont une tour en pierre de 57 mètres effondrée en 1907. Le phare actuel, haut de 64 mètres, est mis en service en 1905 et devient un repère essentiel pour la navigation, avec une portée de 52 km.
Le phare est automatisé et géré depuis La Rochelle, mais il reste un site touristique majeur, ouvert de février à novembre. Son intérieur, carrelé de 7 500 carreaux d’opaline bleue, abrite un escalier métallique conçu d’après les plans de Gustave Eiffel. Un musée, inauguré en 2005 pour son centenaire, retrace l’histoire des phares locaux et expose des objets maritimes, des lentilles et des mécanismes anciens. Le site, classé monument historique en 2011, attire plus de 55 000 visiteurs annuels.
Menacé par l’érosion côtière, le phare n’est plus qu’à 150 mètres de l’océan en 2018, contre 1 800 mètres à l’origine. Malgré des travaux de rénovation, comme sa repeinture en 2016 avec une tonne de peinture spécialement durcie, sa pérennité est incertaine. Une démolition préventive est même envisagée. Le phare abrite aussi un feu secondaire, « la barbette », signalant les dangers des bancs de sable aux navigateurs.
La pointe de la Coubre, où il est implanté, marque la limite entre l’estuaire de la Gironde et l’océan Atlantique, une zone réputée pour ses naufrages. Le phare joue un rôle clé dans le contournement des hauts-fonds, comme le banc de la Mauvaise, où les courants et les épaves rendent la navigation périlleuse. Son architecture, avec une lanterne en bronze et un dôme en cuivre orné de têtes de lion, en fait un exemple remarquable du patrimoine maritime français.
Depuis 2005, des événements comme la course « Extrême 300 » (ascension des 300 marches) animent le site. Les abords, réaménagés en 2016, incluent une aire de pique-nique accessible et des massifs paysagers. Un camion-restaurant propose en été des spécialités locales, renforçant son attractivité touristique. Le phare symbolise à la fois l’ingéniosité humaine face aux défis maritimes et la fragilité du littoral face à l’érosion.