Frise chronologique
1823
Premier fanal provisoire
Premier fanal provisoire
1823 (≈ 1823)
Installation d’un fanal Bordier-Marcet à réflecteurs.
15 août 1860
Allumage du phare actuel
Allumage du phare actuel
15 août 1860 (≈ 1860)
Mise en service après 9 mois de construction.
1937
Électrification du phare
Électrification du phare
1937 (≈ 1937)
Remplacement des systèmes à pétrole.
août 1955
Automatisation du feu
Automatisation du feu
août 1955 (≈ 1955)
Modernisation technique définitive.
6 novembre 2009
Classement monument historique
Classement monument historique
6 novembre 2009 (≈ 2009)
Inscription officielle du phare et logements.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare en totalité, avec ses anciens logements occupés par le musée (cad. AA 8 ) : inscription par arrêté du 6 novembre 2009
Personnages clés
| Sieur Bouzac - Entrepreneur (phare de 1839) |
Accusé de négligence, innocenté après preuve. |
| Sieur Dufour - Adjudicataire (phare de 1860) |
Gagna un litige contre l’État en 1874. |
| Ingénieur en chef (1839) - Responsable des travaux |
Critiqua Bouzac sans fondement avéré. |
| Sieur Coursan - Chef d’atelier (1860) |
Critiqué pour absences pendant le chantier. |
Origine et histoire
Le phare de la Pointe de Grave, situé à l’embouchure de la Gironde sur la commune du Verdon-sur-Mer, fut édifié en 1860 après plusieurs tentatives infructueuses dues à l’érosion marine. Ce troisième phare, construit en seulement 9 mois, remplace des structures provisoires en charpente ou maçonnerie détruites par la mer entre 1823 et 1860. Son architecture se compose d’une tour carrée de 28 mètres, peinte en blanc et noir, accolée à des logements de gardiens en forme de U.
L’histoire du phare est marquée par des défis techniques et naturels. Dès 1823, un premier fanal provisoire est installé, suivi de tours en maçonnerie ou en charpente, systématiquement emportées par l’avancée de la mer. En 1830, une tour démontable est érigée pour s’adapter à l’érosion, mais elle est remplacée en 1837 par un fanal sur le fort de Grave. Les constructions successives, comme celle de 1838 détruite en 1839, illustrent la difficulté à stabiliser l’ouvrage sur ce site exposé.
Le phare actuel, allumé le 15 août 1860, est équipé d’un feu à occultations blanc/rouge/vert d’une portée de 17 milles. Électrifié en 1937 et automatisé en 1955, il abrite une optique de 1860 et une lanterne en cuivre. Son histoire administrative révèle des conflits, comme le litige entre l’entrepreneur Dufour et l’État, résolu seulement en 1874 après 14 ans de procédure. Classé monument historique en 2009, il accueille aujourd’hui un musée et se visite principalement l’été.
La construction du phare de 1860 fut un exploit technique, achevée en moins d’un an malgré des retards initiaux et des critiques sur la qualité des matériaux. L’ingénieur de l’époque accusa l’entrepreneur Bouzac (pour le phare de 1839) de négligence, mais ce dernier prouva sa bonne foi. Le phare de Dufour, adjudicataire en 1859, coûta 69 700 francs, auxquels s’ajoutèrent 31 500 francs pour l’optique. Son architecture robuste, avec chaînes d’angle en pierre, a résisté à l’érosion, contrairement à ses prédécesseurs.
Le site de la Pointe de Grave, le plus exposé de l’embouchure de la Gironde, a vu sept bâtiments se succéder en moins de 50 ans avant 1860. Le phare actuel, haut de 27 mètres (34,60 m au-dessus de la mer), symbolise la persévérance face aux éléments. Son feu, initialement à huile végétale (1823), passa à l’huile minérale vers 1875, puis au pétrole (1911), avant son électrification. La lanterne, en cuivre avec volutes, et l’escalier de 107 marches, sont d’origine.
Aujourd’hui, le phare de la Pointe de Grave reste un outil de navigation actif et un témoignage de l’ingénierie maritime du XIXe siècle. Son musée, installé dans les anciens logements des gardiens, retrace cette histoire mouvementée. Les archives nationales conservent 23 plans du phare (1830–1896), et sa notice Mérimée (IA33001225) documente son évolution architecturale et technique.