Origine et histoire du Phare de Terre-Nègre
Le phare de Terre-Nègre est un amer en forme de tour cylindrique de 26,60 mètres de haut, situé à la pointe de Terre-Nègre, dans la commune de Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime). Construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il a pour mission de baliser la passe sud de l'estuaire de la Gironde et de signaler la présence d'un banc de sable dangereux, la « barre à l'Anglais ». La tour, peinte en rouge et blanc pour une meilleure visibilité, est dotée d'un escalier à vis de 143 marches menant à une plate-forme sommitale équipée d'un feu directionnel. À sa base, un bâtiment servait autrefois de logement au gardien.
L'implantation d'un amer à cet emplacement est envisagée dès 1763, et les travaux de construction débutent en 1770 pour s'achever en 1773, probablement sous la direction de l'ingénieur bordelais Claude Tardy. En 1807, la tour est surélevée, mais cette modification est jugée insuffisante par certains navigateurs. En 1834, des marins de Royan demandent l'installation d'un feu, mais le projet est ajourné faute de crédits. Un premier feu provisoire est finalement testé en 1836, et un feu fixe blanc de 4e ordre est installé définitivement en 1838. Le phare est électrifié en 1939.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le phare est utilisé comme observatoire par les soldats allemands. Endommagé lors des combats de 1945, il est restauré et remis en service en mars 1947. À cette date, un feu à trois occultations (blanc, rouge, vert) est installé, avec une portée de dix-huit milles nautiques. Le phare est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 15 avril 2011.
La tour, construite en calcaire coquillier, présente des meurtrières et un garde-corps métallique. Son escalier central, partiellement endommagé pendant la guerre, mène à une lanterne octogonale dotée d'une optique dioptrique. La maison du gardien, agrandie au XIXe siècle, englobe désormais la base de la tour. Le phare, bien que son alignement avec le clocher de Saint-Palais ait perdu de son utilité après 1900, reste un repère essentiel pour la navigation dans l'estuaire.
Les archives conservent des plans datés de 1838 à 1859, témoignant des modifications apportées au phare. Aujourd’hui, le site est protégé en totalité, y compris ses dépendances et le sol de la parcelle correspondante. Bien que les informations pratiques sur les visites soient limitées, le phare reste un symbole du patrimoine maritime de la Nouvelle-Aquitaine.