Frise chronologique
1831
Décision de construction
Décision de construction
1831 (≈ 1831)
Feu provisoire installé sur le rocher.
1834
Projet de Léonce Reynaud
Projet de Léonce Reynaud
1834 (≈ 1834)
Plans dessinés pour un phare de premier ordre.
1er février 1840
Inauguration du phare
Inauguration du phare
1er février 1840 (≈ 1840)
Mise en service du feu fixe.
1903
Modernisation du feu
Modernisation du feu
1903 (≈ 1903)
Passage à un feu à éclat blanc.
1944
Destruction partielle
Destruction partielle
1944 (≈ 1944)
Dynamitage par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
1950
Reconstruction et remise en service
Reconstruction et remise en service
1950 (≈ 1950)
Phare surélevé et restauré.
1982
Automatisation du phare
Automatisation du phare
1982 (≈ 1982)
Fin de la présence des gardiens.
23 mai 2011
Classement monument historique
Classement monument historique
23 mai 2011 (≈ 2011)
Protection totale du phare.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare en totalité (cad. non cadastré, domaine public maritime) : classement par arrêté du 23 mai 2011
Personnages clés
| Léonce Reynaud - Ingénieur et architecte |
Concepteur et constructeur du phare. |
| Augustin Fresnel - Physicien et ingénieur |
A demandé à Reynaud de rédiger le projet. |
| Georges Tourry - Architecte |
Projet de reconstruction refusé en 1945. |
| Henri Mangel - Tailleur de pierre |
Fournisseur de granite pour la reconstruction. |
Origine et histoire
Le phare des Héaux-de-Bréhat a été construit entre 1835 et 1840 par l’ingénieur Léonce Reynaud sur les récifs des Épées de Tréguier, au large de Pleubian. Ce projet audacieux, commandé par la Commission des phares en 1831, visait à installer un phare de premier ordre sur un rocher submergé à chaque marée. Les travaux, menés dans des conditions extrêmes, ont été marqués par des retards, des grèves, et des dépassements budgétaires importants. Les ouvriers logeaient dans des conditions précaires sur une plateforme maçonnée, exposée aux éléments.
La construction du phare a nécessité des innovations techniques, comme l’assemblage des pierres de granite par des 'queues d’aronde' et l’utilisation de blocs taillés à terre puis acheminés sur place. Le phare, haut de 47 mètres à l’origine, a été inauguré le 1er février 1840. En 1944, les Allemands ont dynamité le haut de la tour, détruisant 15 mètres de structure. Après la guerre, le phare a été reconstruit et surélevé d’un étage, atteignant 57 mètres, et a été automatisé en 1982.
Le phare des Héaux-de-Bréhat est un témoignage majeur de l’histoire de la signalisation maritime française. Classé monument historique en 2011, il est le deuxième plus ancien phare de haute mer en France, après celui du plateau du Four. Son architecture, combinant une base massive et une colonne élancée, reflète l’évolution des techniques de construction des phares au XIXe siècle. Les vestiges des logements des ouvriers, encore visibles, rappellent les conditions difficiles de sa construction.
Léonce Reynaud, l’architecte du phare, a marqué l’histoire de la signalisation maritime en France. Ce phare, symbole de son œuvre, a été conçu pour résister aux conditions extrêmes de la Manche, avec des courants violents et des déferlantes redoutables. Après sa destruction partielle en 1944, il a été reconstruit à l’identique, préservant ainsi son héritage architectural et technique.
Le phare a connu plusieurs évolutions techniques, passant d’un feu fixe blanc en 1840 à un feu à éclat blanc en 1903, puis à un système automatisé en 1982. Les matériaux utilisés, comme le granite bleuâtre de l’île Morvil et les moellons de l’île de Bréhat, ont contribué à sa solidité. Aujourd’hui, il reste un point de repère essentiel pour la navigation dans la baie de Saint-Brieuc.