Crédit photo : Roches_Douvres.jpg: Clément Delafarguederivative w - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1832
Étude initiale abandonnée
Étude initiale abandonnée
1832 (≈ 1832)
Projet de phare jugé irréalisable.
1867
Exposition universelle de Paris
Exposition universelle de Paris
1867 (≈ 1867)
Montage du phare métallique sur le Champ-de-Mars.
6 août 1869
Mise en service du premier phare
Mise en service du premier phare
6 août 1869 (≈ 1869)
Phare métallique allumé, fonctionnement à l’huile.
1944
Destruction par les Allemands
Destruction par les Allemands
1944 (≈ 1944)
Phare métallique détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
1947-1954
Reconstruction du phare actuel
Reconstruction du phare actuel
1947-1954 (≈ 1951)
Chantier titanesque en granite, inauguré en juillet 1954.
20 avril 2017
Classement monument historique
Classement monument historique
20 avril 2017 (≈ 2017)
Protection officielle de l’édifice et de son soubassement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit le 31 décembre 2015 en raison du caractère exceptionnel de l'ouvrage édifié dans le cadre de la Reconstruction de l'après Seconde Guerre mondiale, de la qualité de ses dispositions et de sa grande authenticité. Le phare des Roches-Douvres, en totalité, y compris son soubassement, situé en Manche sur le plateau des Roches-Douvres, à mi-distance des îles de Bréhat (Côtes d'Armor) et de Guernesey (Grande-Bretagne), sur le domaine public maritime non cadastré, coordonnées géographiques : 49°06 30 3 N 02°48 84 8 W : classement par arrêté du 20 avril 2017
Personnages clés
| Charles-François Beautemps-Beaupré - Cartographe |
Étudie la faisabilité du phare en 1832. |
| Léonce Reynaud - Architecte de la commission des Phares |
Dirige le projet du premier phare métallique. |
| André Le Bras - Ingénieur des Ponts et Chaussées |
Supervise la reconstruction du phare (1947-1954). |
| Henry Auffret - Architecte malouin |
Conçoit le phare actuel avec Hardion. |
| François Jouas-Poutrel - Gardien et peintre |
Témoin de la vie au phare pendant 21 ans. |
Origine et histoire
Le phare des Roches-Douvres est un édifice maritime emblématique, construit sur un plateau rocheux dangereux entre l’île de Bréhat (Côtes-d’Armor) et Guernesey. Érigé à 40 km des côtes, il est le dernier phare en mer construit en France et le plus éloigné du continent. Son histoire débute en 1832 avec une étude de faisabilité abandonnée faute de techniques adaptées. Un premier phare métallique, inspiré de la tour de l’île d’Amédée en Nouvelle-Calédonie, est assemblé à Paris pour l’Exposition universelle de 1867, puis remonté sur place en 1869. Cependant, sa structure fragile et les conditions de vie extrêmes pour les gardiens mènent à sa destruction en 1944 par les Allemands.
La reconstruction débute en 1947 sous la direction de l’ingénieur André Le Bras, avec un projet ambitieux : un phare en granite rose et gris, conçu pour résister aux éléments. Le chantier, d’une complexité exceptionnelle, mobilise des centaines d’ouvriers logés sur des navires comme le Titan. Les pierres, taillées et numérotées à Ploumanac’h, sont acheminées par mer, souvent dans des conditions périlleuses. Le phare actuel, inauguré en 1954, intègre des innovations comme des groupes électrogènes, des panneaux solaires et des éoliennes (remplacées en 2008). Automatisé en 2000, il reste un symbole de la reconstruction d’après-guerre et un chef-d’œuvre technique.
Le phare des Roches-Douvres est classé monument historique depuis 2017 pour son architecture unique et son rôle dans l’histoire maritime française. Sa localisation isolée, à mi-chemin entre la Bretagne et les îles Anglo-Normandes, en fait un repère essentiel pour la navigation en Manche. Les gardiens, comme François Jouas-Poutrel (peintre et gardien pendant 21 ans), ont témoigné des conditions de vie difficiles, entre isolement, intempéries et vibrations de la structure métallique initiale. Aujourd’hui, le phare allie robustesse et modernité, avec un faisceau lumineux visible à 24 milles.
L’édifice actuel, dessiné par les architectes malouins Auffret et Hardion, se distingue par ses cinq étages habitables, ses 75 fenêtres en bois exotique et son fût en granite alternant rose et gris. Le haut du phare, initialement prévu en granite peint, fut finalement réalisé en béton pour préserver l’intégrité du matériau. Le chantier, marqué par des défis logistiques (trois vedettes perdues, trajets doublés par mauvais temps), illustre l’audace des ingénieurs de l’époque. Le phare des Roches-Douvres incarne ainsi à la fois un héritage technique et une aventure humaine.