Origine et histoire du Phare de Granville
Le phare du Cap Lihou, aussi appelé phare de Granville, est édifié sur la pointe du Roc, dans la Manche, entre 1826 et 1828. Conçu par l’ingénieur Augustin Fresnel, qui en dessine les plans et supervise le chantier, il répond à une demande de la Chambre de commerce de Granville pour sécuriser les abords du port, théâtre de nombreux naufrages. Les travaux, adjugés à l’entrepreneur Vidal du Mont-Saint-Michel, débutent le 7 décembre 1826 avec un budget initial de 24 292 francs, finalement dépassé pour atteindre plus de 39 000 francs. La première pierre est posée le 10 août 1827 en présence du comte d’Estournel, et le phare est allumé le 1er novembre 1828.
La tour cylindrique en granit de Chausey, haute de 16 mètres (52 mètres au-dessus de la mer), abrite des équipements intérieurs d’origine, dont une chambre en chêne avec marqueterie et cheminée de marbre. Son optique, modifiée à plusieurs reprises (1893, 1903), passe de l’huile végétale à l’électricité en 1924, puis à l’automatisation en 1997. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands le camouflent en vert. Classé monument historique en 2009, il conserve une coupole en cuivre (1882) et une girouette, ainsi qu’un sémaphore et un pavillon attitrés.
Le phare, l’un des plus anciens du plan de Rossel, illustre l’ingénierie des phares du XIXe siècle. Son histoire reflète aussi les défis logistiques et financiers de l’époque : l’entrepreneur Vidal, confronté à des coûts sous-estimés, obtient une gratification de 4 000 francs après réclamation. Les modifications techniques (cuve à mercure en 1893, électrification en 1937) marquent son adaptation aux progrès. Aujourd’hui télécommandé depuis le phare de Chausey, il reste un témoin majeur du patrimoine maritime normand.
L’intérieur, remarquablement préservé, révèle des détails artisanaux comme des lions sculptés et des feuilles en marqueterie. Le site, incluant un signal de brume désactivé en 1996, est accessible au public. Son inscription à l’inventaire des monuments historiques (2009) souligne sa valeur architecturale et technique, ainsi que son rôle dans l’histoire des phares français. Les sources, dont Wikipedia et Monumentum, confirment son statut d’édifice emblématique du littoral granvillais.