Frise chronologique
1862
Projet initial
Projet initial
1862 (≈ 1862)
Reconnaissance du site par la Commission nautique.
1869–1874
Construction difficile
Construction difficile
1869–1874 (≈ 1872)
Chantier marqué par des tempêtes et un naufrage mortel.
15 mars 1874
Mise en service
Mise en service
15 mars 1874 (≈ 1874)
Allumage du feu après cinq ans de travaux.
14 février 1899
Foudre
Foudre
14 février 1899 (≈ 1899)
Phare frappé par la foudre.
1993
Automatisation
Automatisation
1993 (≈ 1993)
Fin de la présence permanente des gardiens.
20 avril 2017
Classement MH
Classement MH
20 avril 2017 (≈ 2017)
Protection intégrale du phare et de son soubassement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH le 31 décembre 2015. Le phare du Four, en totalité, y compris son soubassement, situé en mer d'Iroise, sur la roche du Four, à l'entrée du chenal du Four (Finistère), sur le domaine public maritime non cadastré, coordonnées géographiques : 48°31'388'' N 04°48'310'' W : classement par arrêté du 20 avril 2017
Personnages clés
| Léonce Reynaud - Ingénieur |
Superviseur du chantier avec Planchat et Fénoux. |
| Victor Fénoux - Ingénieur |
Coresponsable de la construction innovante. |
| Benjamin Girard - Auteur (1889) |
Décrit le phare et son rôle géographique. |
| Hervé Jézéquel, François Leborgne, Le Brelivet - Victimes (1870) |
Noyés lors du naufrage du canot de ravitaillement. |
Origine et histoire
Le phare du Four, aussi appelé « phare du Four d'Argenton », est édifié entre 1869 et 1874 sur un écueil granitique de 25 m de diamètre, au large de la presqu'île Saint-Laurent (Porspoder, Finistère). Ce phare en mer, conçu pour le jalonnement maritime, marque la séparation entre la Manche et l’océan Atlantique. Sa construction, supervisée par les ingénieurs Planchat, Léonce Reynaud et Victor Fénoux, fut marquée par des conditions extrêmes : vagues déferlantes, difficultés d’accès, et un naufrage mortel en 1870 (trois victimes). La tour, haute de 28 mètres, repose sur un socle de béton et de granit, avec une forme innovante pour l’époque, privilégiant la stabilité par la masse. À l’intérieur, cinq étages abritent des espaces fonctionnels (citerne, cuisine, chambres, salle technique), reliés par un escalier à vis. La lanterne, toujours équipée de son optique d’origine aux vapeurs de pétrole, est un témoignage rare de la technologie du XIXe siècle.
Le phare entre en service le 15 mars 1874, après cinq années de chantier interrompu par les tempêtes hivernales. Son histoire est ponctuée d’accidents tragiques : en 1899, la foudre le frappe ; en 1913, un gardien meurt intoxiqué par des émanations de gazole ; en 1978, deux marins se noient lors d’un ravitaillement. Automatisé en 1993, il conserve cependant son système historique, incluant une optique aux vapeurs de pétrole et un aérogénérateur installé en 2005 pour compléter les groupes électrogènes. Classé monument historique le 20 avril 2017, le phare du Four est célèbre pour ses vagues spectaculaires, captées par des photographes comme Philip Plisson, et pour son rôle dans la navigation entre le pays de Léon et les abers.
Architecturalement, le phare du Four se distingue par sa structure en granit et son socle servant d’appontement par beau temps. Jumeau du phare des Pierres Noires, il illustre une évolution technique majeure : l’abandon de la forme « en trompette » au profit d’une tour massive assurant la stabilité. Les plans conservés aux Archives nationales (1870–1905) attestent de cette innovation. Benjamin Girard, en 1889, souligne son feu blanc caractéristique (fixe 30 secondes, puis huit éclats) et son rôle de repère géographique. Aujourd’hui, bien que sa corne de brume soit désactivée, le phare reste un symbole du patrimoine maritime breton, géré par la direction interrégionale de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest.