Frise chronologique
1816
Début de la construction
Début de la construction
1816 (≈ 1816)
Décision de construire en pleine mer.
1er janvier 1822
Mise en service
Mise en service
1er janvier 1822 (≈ 1822)
Allumage du premier feu fixe blanc.
1846
Modernisation de l'optique
Modernisation de l'optique
1846 (≈ 1846)
Installation d’un appareil catadioptrique.
1932
Ajout d'une cuve à mercure
Ajout d'une cuve à mercure
1932 (≈ 1932)
Nouvelle optique et système moderne.
12 octobre 1983
Automatisation
Automatisation
12 octobre 1983 (≈ 1983)
Installation d’un aérogénérateur.
3 octobre 2012
Classement monument historique
Classement monument historique
3 octobre 2012 (≈ 2012)
Protection officielle du phare et jetée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare, avec sa jetée (cad. non cadastré, domaine public maritime) : classement par arrêté du 3 octobre 2012
Personnages clés
| Joseph Marie Rapatel - Ingénieur en chef |
Dirige la construction du phare. |
| François Plantier - Ingénieur assistant |
Collabore à la conception et réalisation. |
| John Smeaton - Ingénieur britannique |
Inspiration pour Eddystone, modèle du Four. |
| Robert Stevenson - Ingénieur écossais |
Concepteur de Bell-Rock, autre référence. |
| Beautemps-Beaupré - Hydrographe |
Critique l’utilité du phare dès 1822. |
Origine et histoire
Le phare du Four, situé au large du Croisic sur le plateau du Four, est le premier phare en mer construit en France. Sa construction, impulsée par les ingénieurs Joseph Marie Rapatel et François Plantier, débute en 1816 et s’achève en 1821, avec une mise en service en janvier 1822. D’une hauteur initiale de 17 mètres, il est rehaussé de six mètres en 1946 et automatisé en 1983. Son motif à spirales sert d’amer pour la navigation.
Le phare est érigé sur un écueil dangereux, signalé dès 1810 par l’ingénieur Plantier comme un risque majeur pour les marins entrant dans l’estuaire de la Loire. La décision de construire en pleine mer, inspirée des phares britanniques d’Eddystone et de Bell-Rock, vise à démontrer l’ingéniosité française. La tour cylindrique en maçonnerie de granit, dotée d’un empattement en chêne pour stabilité, est adjudiquée en 1819 aux entrepreneurs Dardel et Genton.
En 1846, le phare est exhaussé et équipé d’un appareil catadioptrique, tandis qu’une jetée d’accès est achevée en 1886. Son feu, initialement alimenté à l’huile végétale (1822), passe à l’huile minérale (1875), puis au pétrole (1904). En 1932, une cuve à mercure et une optique moderne sont installées. Classé monument historique en 2012, il symbolise l’innovation technique et l’histoire maritime française.
Le phare du Four est représenté en 2019 sur un timbre postal français de la série Repères de nos côtes, soulignant son importance patrimoniale. Aujourd’hui télécontrôlé et non gardienné, son intérieur se dégrade malgré un extérieur en bon état. La lanterne actuelle, en aluminium, abrite une optique de 0,15 m de focale avec une portée de 19 milles.
La construction du phare répond à un besoin urgent de sécurisation de la navigation, comme en témoignent les demandes répétées de la Chambre de Commerce de Nantes dès 1815. Bien que critiqué dès son allumage pour son utilité limitée par Beautemps-Beaupré, il reste un prototype architectural majeur, copié sur les modèles britanniques les plus avancés de l’époque.
Son histoire reflète aussi les enjeux géopolitiques de l’époque, la guerre avec l’Angleterre ayant retardé sa construction. La Direction des Ponts et Chaussées y voit une opportunité de montrer la puissance technique française, malgré des coûts élevés et des alternatives terrestres moins onéreuses.