Origine et histoire du Phare du Risban
Le phare du Risban, situé à Dunkerque dans les Hauts-de-France, est érigé en 1842-1843 sur les ruines du fort Risban, conçu par Vauban au XVIIe siècle. Ce fort, partiellement démoli en 1713 après le traité d’Utrecht, abritait initialement un fanal détruit par une tempête en 1825. Le phare actuel, conçu par l’architecte Léonce Reynaud, s’inscrit dans le premier plan national de signalisation maritime initié par Augustin Fresnel et le capitaine de Rossel en 1825. Sa construction suit l’extension des jetées portuaires de 300 mètres, répondant aux besoins croissants de navigation.
En 1883, l’ingénieur Lyriaud des Vergnes modernise le phare en y installant un système d’éclairage électrique pionnier, avec une lampe à arc alimentée par des magnéto-génératrices. Le phare devient ainsi l’un des premiers feux électrifiés de France, après des essais menés dans d’autres sites comme La Hève ou Gris-Nez. Les combustibles utilisés évoluent : huile végétale (1843), puis minérale (1875), avant l’électrification définitive. Endommagé lors des bombardements de 1940, il est réparé en 1946 et automatisé en 1985, tout en conservant son rôle actif dans la signalisation maritime.
Classé monument historique en 2011, le phare du Risban se distingue par sa hauteur (63 mètres), faisant de lui le plus haut phare portuaire de France. Sa structure combine une tour cylindrique en brique, un bâtiment rectangulaire abritant logements et locaux techniques, et une lanterne équipée d’une optique de Fresnel. La cuve à mercure soutenant l’optique, visible aujourd’hui, date de 1883 (modèle Sautter-Lemonnier). Le site, ouvert au public via le Musée maritime de Dunkerque, offre une vue panoramique sur la mer du Nord et les Flandres.
Architecturalement, le phare allie fonctionnalité et élégance, avec un escalier en colimaçon de 276 marches, un double couronnement noir orné de pilastres, et une lanterne de 3 mètres de diamètre. Symbole du patrimoine maritime français, il abrite des bustes d’Augustin Fresnel et de Charles-François Beautemps-Beaupré, figures majeures de l’hydrographie. Malgré son automatisation, il reste un feu de premier ordre, avec une portée théorique de 28 à 40 milles, et un rôle central dans le balisage de la côte, de la frontière belge à la baie de Somme.
Son histoire reflète les évolutions technologiques et stratégiques des phares français, depuis les fanaux médiévaux (comme la tour du Leughenaer, XVe siècle) jusqu’aux systèmes modernes. Le phare du Risban incarne aussi la résilience face aux conflits, comme en témoignent ses reconstructions post-Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, il constitue un lieu de mémoire et de visite, illustrant l’importance des phares dans l’histoire portuaire et la sécurité maritime.