Crédit photo : Guy Bernard via OTRS 2008062710021286 - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1699
Construction des tours
Construction des tours
1699 (≈ 1699)
Vauban ordonne la construction des deux tours.
1702
Premier allumage
Premier allumage
1702 (≈ 1702)
Allumage du feu au Tombeau de Béhault.
1780
Installation d'un réflecteur
Installation d'un réflecteur
1780 (≈ 1780)
Appareil à réflecteur de Tourtille-Sangrain installé.
1831
Optique de Fresnel
Optique de Fresnel
1831 (≈ 1831)
Installation d'une lentille de Fresnel à 16 panneaux.
1902
Essais radio
Essais radio
1902 (≈ 1902)
Camille Tissot mène des essais radiotélégraphiques.
1957
Électrification
Électrification
1957 (≈ 1957)
Le phare est équipé de l'électricité.
1993
Automatisation
Automatisation
1993 (≈ 1993)
Le phare devient entièrement automatisé.
2011
Classement historique
Classement historique
2011 (≈ 2011)
Classé monument historique le 12 juillet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare, à savoir le phare lui-même en totalité, les façades et toitures de ses bâtiments annexes, les murs et terrain d'assiette de son enclos (cad. H 2173 à 2175) : classement par arrêté du 12 juillet 2011
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
Ordonne la construction du phare en 1699. |
| Chevalier de Tourville - Officier de marine |
Dirige la mission d'étude en 1681. |
| Camille Tissot - Ingénieur |
Mène des essais radio en 1902. |
| Molard - Architecte |
Conçoit les tours du phare en 1699. |
| Jean Lards - Premier gardien |
Charge de l'entretien du feu en 1700. |
| André Blondel - Ingénieur |
Crée les premiers radio-phares en 1911. |
Origine et histoire
Le phare du Stiff, situé sur l'île d'Ouessant en Finistère, a été conçu à la fin du XVIIe siècle sous l'impulsion de Vauban. En 1699, ce dernier décida d'élever deux tours tronconiques accolées au sommet de la falaise du Stiff, point culminant de l'île. L'une abritait l'escalier, l'autre les logements des gardiens et le magasin de charbon. Ce phare, parmi les six premiers construits par Vauban, est l'un des plus anciens encore en activité en France, après celui de Cordouan.
Dès le XIIIe siècle, Ouessant abritait des postes de guet pour prévenir les attaques anglaises. À la fin du XVIIe siècle, une mission dirigée par le chevalier de Tourville étudia la construction d'un port et de batteries sur l'île. Vauban opta pour deux tours avec fanal en baie du Stiff afin de protéger les navires abrités. Le premier feu, allumé en 1702 au lieu-dit « Tombeau de Béhault », fonctionnait uniquement en hiver, alimenté par du bois et du charbon.
Au fil des siècles, le phare évolua technologiquement. En 1780, un appareil à réflecteur de Tourtille-Sangrain fut installé, suivi en 1821 par 12 lampes paraboliques. En 1831, une optique de Fresnel à 16 panneaux fut ajoutée, puis remplacée en 1926 par une optique plus puissante. Le phare fut électrifié en 1957 et automatisé en 1993. En 1902, des essais radio y furent menés par Camille Tissot, marquant une avancée dans les communications maritimes.
Le phare du Stiff est un ensemble architectural remarquable, composé de deux tours tronconiques accolées, en maçonnerie enduite avec des pierres de taille apparentes. La plus grosse tour, surmontée de la lanterne, abritait la réserve de combustible, tandis que la plus fine, coiffée d'une coupole, contenait l'escalier. Deux bâtiments symétriques et un mur de clôture complètent l'ensemble, sur un terrain de 4 000 m2.
En 2003, la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises s'opposa à la vente des maisons des anciens gardiens, permettant leur restauration par le Conservatoire du Littoral. Aujourd'hui, le phare est ouvert au public entre Pâques et septembre, offrant un panorama exceptionnel sur la mer d'Iroise. Après une restauration en 2014, les salles sont accessibles avec un parcours documenté sur son histoire.
Classé monument historique en 2011, le phare du Stiff incarne à la fois un patrimoine maritime et une innovation technologique continue, tout en jouant un rôle clé dans la sécurité de la navigation en Manche.