Frise chronologique
1836–1838
Construction du phare
Construction du phare
1836–1838 (≈ 1837)
Première campagne de travaux, coût : 42 000 francs.
1er octobre 1838
Mise en service du phare
Mise en service du phare
1er octobre 1838 (≈ 1838)
Allumage officiel du feu maritime.
1841–1847
Construction du fort
Construction du fort
1841–1847 (≈ 1844)
Intégration du phare dans l’enceinte militaire.
1898
Modernisation de l’éclairage
Modernisation de l’éclairage
1898 (≈ 1898)
Premier brûleur à incandescence à pétrole.
1951
Électrification du phare
Électrification du phare
1951 (≈ 1951)
Remplacement du système d’éclairage.
30 avril 1993
Automatisation du phare
Automatisation du phare
30 avril 1993 (≈ 1993)
Télécontrôle depuis Concarneau.
31 décembre 2015
Inscription monument historique
Inscription monument historique
31 décembre 2015 (≈ 2015)
Protection officielle du site.
20 avril 2017
Classement monument historique
Classement monument historique
20 avril 2017 (≈ 2017)
Protection renforcée par le ministère.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le phare et le fort de Penfret, situés sur l'archipel des Glénan, en totalité, y compris le sol d'assiette et les deux enceintes (cad. N 6, 7, 49) : inscription par arrêté du 31 décembre 2015.
Personnages clés
| François-Adolphe Théroulde - Propriétaire des Glénan |
Cède initialement les terrains gratuitement. |
| La Sauvagère - Ingénieur militaire (XVIIIe siècle) |
Propose une batterie en 1755. |
Origine et histoire
Le phare de Penfret, construit entre 1836 et 1838 sur l’île éponyme de l’archipel des Glénan (commune de Fouesnant, Finistère), est une tour pyramidale blanche de 18,80 mètres, culminant à 33,30 mètres au-dessus de la mer. Allumé le 1er octobre 1838, il devient en 1898 le premier phare français équipé d’un « brûleur à incandescence à vapeur de pétrole », avant son électrification en 1951 et son automatisation en 1993. Son coût total s’élève à 42 000 francs, pour un budget autorisé de 43 583,91 francs.
Le fort adjacent, édifié de 1841 à 1847, intègre le phare dans une enceinte rectangulaire de 41 x 23 mètres, entourée d’un fossé sec de 4 mètres de large. Ce réduit militaire, unique en son genre, combine un corps de garde crénelé pour 60 hommes et une batterie en trois pans de 90 mètres, reliée par un passage souterrain. Les matériaux utilisés — granite local et de Trégunc — proviennent en partie des excavations du fossé. La batterie, initialement prévue pour trois canons de 30 livres et deux mortiers, est modifiée durant la Seconde Guerre mondiale par l’occupation allemande, qui y installe des pièces antiaériennes.
L’île de Penfret, stratégique pour ses puits d’eau douce et son mouillage protégé, est convoitée dès le XVIIIe siècle. En 1755, l’ingénieur La Sauvagère propose une batterie, sans suite. Les commissions de défense de 1818, 1825 et 1836 réitèrent cette nécessité, aboutissant à la construction conjointe du phare (1836–1838) et du fort (1841–1847). Le terrain, initialement cédé gratuitement par François-Adolphe Théroulde (propriétaire des Glénan) en échange de sa rétrocession post-usage militaire, est finalement exproprié en 1859 pour 4 000 francs. Le site, classé monument historique en 2017, est aujourd’hui entretenu par l’association Plein Phare sur Penfret.
Durant la Première Guerre mondiale, un poste de défense contre les sous-marins (PDCSM) y est installé en 1918. En 1939, une batterie de circonstance de quatre canons de 95 mm est déployée. Sous l’Occupation, les Allemands transforment le corps de garde en casernement et démontent une bretèche pour faciliter l’accès. Depuis 2012, le fort, propriété des Phares et Balises, est restauré par l’association locale, tandis que la batterie, appartenant au Conservatoire du littoral, reste à l’abandon.
Le phare, toujours en activité, est télécontrôlé depuis Concarneau depuis 1993. Son architecture pyramidale tronquée, accolée à une maison technique, et sa lanterne rouge en font un repère maritime emblématique. Le fort, avec ses dix bretèches et son fossé à escarpe maçonnée, illustre l’adaptation des fortifications côtières du XIXe siècle aux contraintes insulaires. L’ensemble, inscrit aux monuments historiques en 2015 puis classé en 2017, témoigne de l’histoire militaire et maritime de la Bretagne.