Origine et histoire de la Pharmacie
La pharmacie Malard, située à Commercy dans le département de la Meuse, est un exemple emblématique de l’Art nouveau et de l’École de Nancy. Fondée au début du XXe siècle, elle doit son nom à ses deux premiers propriétaires, Georges Malard et son fils Pierre. En 1907, Eugène Vallin, architecte et ébéniste renommé, transforme sa devanture et son intérieur dans un style caractéristique, mêlant bois naturel, fer forgé et motifs végétaux stylisés. Ce projet s’inscrit dans le courant artistique né à Nancy à la fin du XIXe siècle, à une cinquantaine de kilomètres de Commercy.
La devanture, structurée autour de tiges d’ombelles, encadre une vitrine flanquée de portes latérales protégées par des grilles en fer forgé. À l’intérieur, Charles Fridrich réalise des boiseries sculptées de plantes médicinales, tandis que Joseph Janin signe des vitraux représentant des digitales et des pavots. Les panneaux muraux rendent hommage à des savants comme Pasteur, Lavoisier ou Parmentier. Classée monument historique en 1998, la pharmacie a conservé son aménagement d’origine, témoignant de l’alliance entre science et art.
L’histoire de la pharmacie est liée à celle de sa famille propriétaire : Georges Malard (1880–?), son fils Pierre (1959–1987), puis son petit-fils Philippe Flesch (1987–2015), avant d’être reprise par Laurent Faltot en 2015. Son classement en 1998 coïncide avec le centenaire de l’École de Nancy, soulignant son importance patrimoniale. Située au 23 place Charles-de-Gaulle, elle voisine avec l’ancien hôtel de ville et le château de Commercy, renforçant son ancrage dans le paysage urbain.
Les éléments protégés incluent la devanture, les grilles, les présentoirs, le sol en mosaïque, les placards, les vitraux et une glace datée de 1907. Ce décor, presque inchangé depuis sa création, illustre l’influence durable de l’Art nouveau en Lorraine. Les artisans impliqués — Vallin pour l’architecture, Fridrich pour les boiseries et Janin pour les vitraux — ont marqué l’identité visuelle du lieu, faisant de cette officine un témoignage unique de l’histoire pharmaceutique et artistique régionale.