Origine et histoire de la Pharmacie
La pharmacie Pesche, située à Alençon dans l’Orne, est une ancienne officine fondée en 1830, intégrée dans un hôtel particulier du XIXe siècle. Elle se distingue par son décor intérieur préservé, incluant près de 500 bocaux et des plafonds peints, ainsi qu’une devanture néo-classique tardive typique des années 1820-1830. L’immeuble, orné de balcons en fonte, s’étend sur quatre rues et conserve des éléments architecturaux Directoire.
L’histoire du lieu remonte à 1795, lorsque Thomas Guibé, grossiste en toiles, acquiert l’immeuble des héritiers du prêtre Étienne Camusat Sainte Croix. À sa mort en 1818, sa veuve lègue un patrimoine immobilier considérable, vendu en 1827 à Charles Désiré Petithomme. Ce dernier divise la propriété en 1832 : la partie correspondant à l’actuelle pharmacie est achetée par l’ancien notaire Jean-Jacques Corbière, dont le gendre, Pierre-Charles Duroy, y installe une officine.
La pharmacie change plusieurs fois de mains : reprise par Adolphe-Henri Dutertre en 1875, louée à Charles Boulard en 1882, puis acquise par Raoul Pesche en 1902. Ce dernier spécialise l’officine dans les pratiques apothicaires traditionnelles jusqu’en 1953. Sa fille, Madeleine Pesche, maintient l’activité jusqu’en 1980 et obtient l’inscription du site aux Monuments Historiques en 1987. Après des décennies d’abandon, des travaux de restauration débutent en 2018 pour préserver les décors intérieurs, financés en partie par des subventions publiques.
L’intérieur ovale de la pharmacie, orné de pilastres et de peintures murales représentant des palmiers et des amphores, est un témoignage rare de l’artisanat pharmaceutique du XIXe siècle. Le plafond peint inclut une scène mythologique au-dessus de l’entrée. Malgré son inoccupation entre 1980 et 2009, le site bénéficie aujourd’hui d’une rénovation visant à adapter ses espaces, tout en conservant leur authenticité historique.
Les recherches historiques récentes ont permis de documenter les désordres structurels, notamment sur les plafonds, et d’envisager une réutilisation du lieu comme bureaux. Le coût des travaux, estimé à 90 000 €, illustre l’engagement des autorités locales (ville, DRAC, département) pour sauvegarder ce patrimoine unique, symbole du savoir-faire apothicaire et de l’architecture bourgeoise alençonnaise.