Frise chronologique
1865
Découverte par Poumarède
Découverte par Poumarède
1865 (≈ 1865)
Analyse des échantillons riches en phosphate.
4 janvier 1867
Lettre au préfet
Lettre au préfet
4 janvier 1867 (≈ 1867)
Annonce de la découverte agricole et paléontologique.
années 1870
Fièvre du phosphate
Fièvre du phosphate
années 1870 (≈ 1870)
161 sites exploités en Quercy.
1887
Déclin des phosphatières
Déclin des phosphatières
1887 (≈ 1887)
112 fermetures après épuisement des gisements.
10 décembre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
10 décembre 1998 (≈ 1998)
Inscription des parcelles AP 33, 34, 36, 39.
juin 2015
Création de la réserve naturelle
Création de la réserve naturelle
juin 2015 (≈ 2015)
Protection géologique des phosphatières du Lot.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parcelles AP 33, AP 34, AP 36 et AP 39 : inscription par arrêté du 10 décembre 1998
Personnages clés
| Jean-André Poumarède - Pharmacien, médecin et chimiste |
Découvreur du gisement en 1865. |
| Jean-Baptiste Boussingault - Scientifique |
Opposant initial à l'usage des phosphates. |
| Adolphe Bobierre - Chimiste et agronome |
Prouve l’effet fertilisant des phosphates (1855). |
| Louis Dieulafait - Géologue |
Explique l’origine karstique des phosphatières (1884). |
| Bernard Gèze - Géologue et historien |
Auteur d’une étude sur la ruée vers le phosphate. |
Origine et histoire
La phosphatière du Cloup d'Aural est une ancienne mine de phosphate découverte en 1865 par Jean-André Poumarède, pharmacien et chimiste. Intrigué par des débris osseux et des pierres inhabituelles dans un champ près de Bach (Lot), il analyse des échantillons et révèle une teneur élevée en phosphate tricalcique (70-80 %). En 1867, il alerte le préfet de Tarn-et-Garonne sur l’importance agricole et paléontologique de cette découverte, marquant le début de l’exploitation des phosphatières du Quercy.
L’exploitation des phosphatières s’intensifie dans les années 1870, avec des centaines de sites ouverts entre Cahors, Figeac, Gaillac et Montauban. En 1886, 161 centres produisent 30 000 tonnes de minerai, mais l’épuisement des gisements et la découverte de phosphates en Afrique du Nord (Tunisie en 1899, Maroc) entraînent leur déclin. Dès 1887, 112 phosphatières ferment, et en 1902, seules deux restent actives. Le site du Cloup d’Aural, de grande taille (170 m de long, 20 m de profondeur), conserve des traces d’exploitation et des bâtiments en bon état.
Le site est remarquable pour sa richesse fossile : plus de 600 espèces animales de l’ère tertiaire (entre -50 et -20 millions d’années) y ont été identifiées, servant de référence pour les faunes européennes. Après leur abandon, les phosphatières deviennent des décharges. En 1992, l’association Les Phosphatières du Quercy valorise le Cloup d’Aural, ouvert au public en 2000. Pour protéger les fossiles, l’État crée en 2015 la réserve naturelle nationale d’intérêt géologique du Lot. La phosphatière est inscrite aux monuments historiques le 10 décembre 1998.
Les phosphatières du Quercy résultent de phénomènes karstiques. Il y a 170 millions d’années, une mer tropicale dépose des sédiments calcaires et du phosphate issu de matières organiques. Après le retrait de la mer (-70 millions d’années), l’érosion forme des grottes où s’accumulent argiles et phosphates entre -50 et -20 millions d’années. Les fossiles, comme des guêpes parasitoïdes Xenomorphia (2018), s’y préservent. Les scientifiques, dont Louis Dieulafait et Bernard Gèze, ont expliqué ce processus géologique unique.
L’exploitation des phosphates en France commence tardivement, après des débats scientifiques. Jean-Baptiste Boussingault s’oppose en 1840 à Justus von Liebig sur leur utilité agricole, privilégiant les engrais organiques. En 1855, Adolphe Bobierre prouve l’effet fertilisant des roches phosphatées, lançant une ruée vers le phosphate en Europe. En Quercy, cette fièvre dure jusqu’à l’épuisement des gisements et la concurrence nord-africaine, laissant un patrimoine géologique et paléontologique exceptionnel.