Frise chronologique
Néolithique (période générale)
Origine supposée du site
Origine supposée du site
Néolithique (période générale) (≈ 4100 av. J.-C.)
Datation des outils lithiques trouvés
1915
Signalement à la Société de Tournus
Signalement à la Société de Tournus
1915 (≈ 1915)
Par Jouvenceau, instituteur local
1919
Premières fouilles archéologiques
Premières fouilles archéologiques
1919 (≈ 1919)
Menées par Jouvenceau, découverte d’un silex
1922
Restauration controversée
Restauration controversée
1922 (≈ 1922)
Pose d’une dalle horizontale (erreur d’interprétation)
24 août 1934
Classement monument historique
Classement monument historique
24 août 1934 (≈ 1934)
Sous l’appellation erronée de dolmen
1979-1980
Fouilles de sauvetage
Fouilles de sauvetage
1979-1980 (≈ 1980)
Infirme définitivement l’hypothèse du dolmen
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit Pierre-de-Matafin : classement par arrêté du 24 août 1934
Personnages clés
| Jouvenceau - Instituteur à Chardonnay |
Signale la pierre en 1915, mène les fouilles de 1919 |
| Jeanton et Lafay - Archéologues (années 1920) |
Classent à tort le site comme dolmen trilithe |
Origine et histoire
La pierre de Matafin est une pierre à légende située à Chardonnay, en Saône-et-Loire, dans le Haut-Mâconnais. Initialement identifiée à tort comme un dolmen au début du XXe siècle, cette hypothèse fut infirmée par des fouilles archéologiques menées en 1980. Le site se compose de deux dalles de calcaire dressées parallèlement, orientées nord-sud, dont l’une est naturelle et l’autre d’origine anthropique. Aucune trace d’inhumation n’a été découverte lors des fouilles de 1919 et 1980, écartant définitivement l’idée d’un usage funéraire.
Mentionnée comme pierre de Justice dans les actes du chapitre de Saint-Vincent de Mâcon, elle fut signalée en 1915 à la Société des amis des arts et des sciences de Tournus par Jouvenceau, instituteur local. Ce dernier entreprit des fouilles en 1919 et fit replacer une dalle horizontale en 1922, conduisant à son classement erroné comme dolmen trilithe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette dalle fut renversée et brisée. Menacé par des fouilles clandestines, le site bénéficia d’une fouille de sauvetage en 1979-1980, confirmant son absence de lien avec une sépulture mégalithique.
Les fouilles de 1980 révélèrent un matériel lithique (43 silex, dont des nucléus et une armature de flèche du Néolithique final) et des tessons de céramique majoritairement médiévaux, à l’exception d’un fragment pré ou protohistorique. La dalle orientale, posée sans fosse ni calage, et l’étroitesse de l’espace entre les pierres (moins de 0,35 m) rendent improbable toute fonction de chambre funéraire. La proximité d’un ancien chemin de charriots suggère plutôt une pierre à légende, fréquentée depuis une époque reculée, comme en témoignent les silex dispersés autour du site.
Classée monument historique le 24 août 1934 sous l’appellation erronée de dolmen, la pierre de Matafin illustre les erreurs d’interprétation courantes en archéologie préhistorique. Les descriptions fantaisistes de Jeanton et Lafay (1924), comme une gravure en forme de rouelle inexistante, ou des mesures exagérées, furent corrigées par les fouilles modernes. Aujourd’hui, le site est protégé et appartient à la commune de Chardonnay, offrant un témoignage rare des pratiques et croyances locales depuis le Néolithique.