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Pierre des douze Apôtres de Meisenthal en Moselle

Patrimoine Celtique Lec'h Menhirs Croix

Pierre des douze Apôtres de Meisenthal

    Rue du Kammerfelsen
    57960 Meisenthal

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1170
Première mention écrite
1606
Délimitation frontalière
1609
Gravure de l’écusson lorrain
1787 (?)
Ajout des sculptures chrétiennes
16 février 1930
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Melanchthon - Réformateur protestant Y prêcha la Réforme au XVIe siècle.
Marchand de vin d’Ingwiller (anonyme) - Bienfaiteur présumé Aura financé les sculptures (tradition orale).

Origine et histoire

Le Breitenstein, ou Pierre des douze Apôtres, est un bloc de grès rouge de quatre mètres quarante, situé à Meisenthal (Moselle). Son nom, signifiant pierre large ou pierre frontière en allemand, reflète son rôle historique de borne frontalière. Dès 1170, des mentions latines (Breidestain, Breitenstein) attestent de son existence, et des textes du XVIIe siècle le désignent comme Lata Petra, marquant la limite entre les ducs de Lorraine et les comtes de Hanau depuis 1606. La pierre porte d’ailleurs l’écusson lorrain gravé en 1609, symbole de cette délimitation territoriale qui perdure aujourd’hui entre les départements de la Moselle et du Bas-Rhin, ainsi qu’entre les évêchés de Metz et Strasbourg.

Selon la tradition orale, ce monolithe daterait de l’époque druidique, servant initialement de pierre sacrificielle ou d’autel païen. Avec la christianisation des régions germaniques, il fut rebaptisé et orné au XVIIIe siècle (peut-être en 1787) d’un groupe sculpté : le Christ en croix, entouré de la Vierge, de Marie-Madeleine et des douze apôtres en relief sur ses quatre faces. Une inscription gothique en allemand y énonce leurs noms. Certains attribuent cet embellissement à un marchand de vin d’Ingwiller, en action de grâce pour une faveur divine. La pierre, classée Monument Historique en 1930, incarne ainsi la superposition des cultes, des frontières et des mémoire collectives.

Le Breitenstein a aussi été un lieu de rassemblement majeur. Au XVIe siècle, Melanchthon, disciple de Luther, y prêcha la Réforme, convertissant les villages voisins au protestantisme. Jusqu’au XXe siècle, il servit de point de rencontre annuel pour les Tsiganes, attirant plus de deux mille personnes avant la Seconde Guerre mondiale. Son histoire reflète les migrations, les conflits religieux et les échanges culturels en Lorraine, depuis la Germania superior romaine jusqu’aux tensions féodales et modernes.

Architecturalement, la pierre combine des éléments préhistoriques (son origine supposée), des traces médiévales (bornes frontalières de 1605-1609) et des ajouts baroques (sculptures du XVIIIe). Les bornes environnantes, marquées des blasons de Lorraine (croix) et de Hanau (chevrons), soulignent son rôle dans la délimitation des territoires. Aujourd’hui, elle reste un symbole des strates historiques de la région Grand Est, entre héritage celtique, influence germanique et identité lorraine.

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