Pierre Folle de Montguyon en Charente-Maritime

Patrimoine classé Mégalithes Allées couvertes

Pierre Folle de Montguyon

  • Le Bourg
  • 17270 Montguyon
Pierre Folle de Montguyon
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Pierre Folle de Montguyon
Pierre Folle de Montguyon
Crédit photo : F.rodrigo - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
3500 av. J.-C.
Construction allée couverte
1840
Fouilles archéologiques
1874
Nouvelles fouilles
1889
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen dit La Pierre Folle, au milieu des vignes (cad. A 1209) : classement par liste de 1889

Personnages clés

Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue Personnage ayant sauvé le monument de la destruction.
Camille Duteil Archéologue ayant mené les premières fouilles en 1840.
Gassier Archéologue ayant participé aux fouilles de 1874.
François Daleau Archéologue ayant participé aux fouilles de 1874.

Origine et histoire de la Pierre Folle

La Pierre Folle, à Montguyon (Charente-Maritime), forme un ensemble mégalithique composé d'un dolmen et d'une allée couverte, qualifié de plus imposant et majestueux du département. Sauvé de la destruction grâce à l'intervention de Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue, le monument a été classé au titre des monuments historiques en 1889. L'édifice mesure 16 m de longueur, 3 m de largeur et atteint 4 m de hauteur dans sa partie la plus élevée. Il associe un dolmen de type angoumoisin et une allée couverte de type aquitain, édifiés à deux époques différentes, et toutes les dalles sont en grès provenant d'un rayon d'environ 2,5 km autour du site.

L'allée couverte, orientée est‑ouest et ouverte à l'est, s'étire sur 9,5 m pour 1 m de largeur ; elle est constituée de neuf orthostates dont la hauteur décroît du fond vers l'entrée, ainsi que d'une dalle de chevet. Deux tables de couverture encore en place la recouvrent, la plus importante ayant 1,40 m d'épaisseur et un poids estimé à 30 tonnes, tandis qu'une troisième table est renversée à l'extérieur. Le sol de l'allée présentait un pavage en blocs de calcaire liés au mortier. La première dalle à gauche de l'entrée est creusée de deux auges, comparées à des bénitiers, et quelques dalles du côté nord montrent des entailles sur leur face intérieure, peut‑être liées au transport ou à l'édification des pierres. Des cupules et des gravures serpentiformes sont visibles sur plusieurs dalles ; ces gravures, situées sur la face externe côté tumulus, laissent penser qu'elles sont postérieures à la destruction du tumulus ou antérieures à la construction de l'édifice. Des graffitis beaucoup plus récents sont également présents.

Le dolmen, implanté au nord‑ouest de l'allée couverte et antérieur d'au moins 500 ans à celle‑ci, est aujourd'hui en ruines. Il se compose de quatre orthostates formant une chambre quadrangulaire de 3 m sur 2 m, accessible par un couloir perpendiculaire à l'allée long de 2,50 m et limité par deux orthostates ; ce couloir s'ouvre au nord, ce qui est peu fréquent. L'orthostate droit porte aussi une auge creusée dans l'épaisseur de la dalle et l'ensemble était recouvert de deux tables de couverture désormais renversées au sol.

Le monument fut fouillé en 1840 par Camille Duteil puis en 1874 par Gassier et François Daleau ; ces campagnes ont livré des crânes et ossements humains ainsi qu'un riche mobilier funéraire — pointes de flèches, outils en silex, haches polies, une défense de sanglier, des fragments de poterie et une urne contenant des os calcinés — aujourd'hui perdus à l'exception d'une petite hache polie de couleur verte. Duteil signala en outre la découverte, dans les auges‑bénitiers de l'allée, de pointes de flèches et de lances en serpentine. L'allée couverte est attribuée au Néolithique moyen régional, autour de 3 500 av. J.-C., et sa construction pourrait être rapprochée du groupe de Roquefort ; l'ensemble a fait l'objet de réutilisations à différentes époques.

La Pierre Folle est aussi entourée de traditions locales : on dit que les pierres font trois tours sur elles‑mêmes à minuit le soir de Noël, que les pierres seraient tombées du ciel et assemblées par la Sainte Vierge, ou encore que Charlemagne les aurait érigées pour bombarder Montlieu.

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