Frise chronologique
vers 3500 av. J.-C.
Construction de l'allée couverte
Construction de l'allée couverte
vers 3500 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Néolithique moyen, groupe de Roquefort
1840
Fouilles par Camille Duteil
Fouilles par Camille Duteil
1840 (≈ 1840)
Découverte d'objets funéraires et d'auges
1874
Fouilles par Gassier et Daleau
Fouilles par Gassier et Daleau
1874 (≈ 1874)
Nouveaux vestiges funéraires exhumés
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection grâce à Fleuriau de Bellevue
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit La Pierre Folle, au milieu des vignes (cad. A 1209) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue - Protecteur du monument |
Empêcha sa destruction en 1889 |
| Camille Duteil - Archéologue |
Fouilla le site en 1840 |
| François Daleau - Archéologue |
Participa aux fouilles de 1874 |
Origine et histoire
La Pierre Folle de Montguyon est un site mégalithique exceptionnel, composé d’un dolmen de type angoumoisin et d’une allée couverte de type aquitain, édifiés à deux époques distinctes du Néolithique. L’ensemble, long de 16 mètres, est construit en dalles de grès local, certaines gravées de motifs serpentiformes ou de cupules. L’allée couverte, orientée est-ouest, mesure 9,50 mètres et conserve deux tables de couverture, dont une de 30 tonnes. Le dolmen, plus ancien d’au moins 500 ans, présente une chambre funéraire et un couloir d’accès atypique, ouvert au nord.
Le site fut sauvé de la destruction au XIXe siècle grâce à l’intervention de Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue, ce qui permit son classement au titre des monuments historiques en 1889. Fouillé en 1840 par Camille Duteil, puis en 1874 par Gassier et François Daleau, il livra des vestiges funéraires (ossements, outils en silex, haches polies, poteries) et une urne cinéraire. La plupart de ces artefacts ont disparu, à l’exception d’une hache polie verte. Les auges creusées dans certaines dalles, comparées à des bénitiers, et les graffitis récents ajoutent à son mystère.
Selon les légendes locales, la Pierre Folle effectuerait trois tours sur elle-même à minuit le soir de Noël, ou aurait été assemblée par la Sainte Vierge, voire construite par Charlemagne pour bombarder Montlieu. Ces récits folkloriques reflètent l’importance symbolique du site, érigé vers 3500 av. J.-C. par le groupe de Roquefort. L’allée couverte, réutilisée à différentes époques, témoigne de pratiques funéraires et rituelles complexes, tandis que les gravures et cupules suggèrent des usages symboliques ou pratiques liés à son édification.
Les dalles, provenant d’un rayon de 2,5 km, soulignent une organisation collective pour leur transport et leur mise en place. Le pavement calcaire du sol de l’allée, lié par un mortier, et les entailles sur les orthostates nord évoquent des techniques de construction sophistiquées. Les cupules, visibles sur plusieurs dalles, pourraient dater d’avant ou après la destruction du tumulus, tandis que les motifs serpentiformes, gravés côté externe, restent énigmatiques. Le site, aujourd’hui protégé, offre un témoignage rare de l’architecture mégalithique régionale.
Les fouilles du XIXe siècle révélèrent un riche mobilier funéraire, incluant des pointes de flèches en serpentine découvertes dans les auges-bénitiers. Ces objets, aujourd’hui perdus, suggèrent des rites ou des offrandes associés aux défunts. La datation place l’allée couverte au Néolithique moyen (vers 3500 av. J.-C.), tandis que le dolmen, plus ancien, illustre une évolution des pratiques architecturales. La réutilisation du site à travers les âges souligne son rôle durable dans les cultures locales, bien au-delà de sa fonction initiale.