Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de sa construction.
1299
Première mention écrite
Première mention écrite
1299 (≈ 1299)
Nommé *Petra-Levata* dans un texte.
1525
Mention par Jean Bouchet
Mention par Jean Bouchet
1525 (≈ 1525)
Attribution erronée à Aliénor d'Aquitaine.
1560
Gravures de cartographes
Gravures de cartographes
1560 (≈ 1560)
Mercator et Ortelius y laissent leurs noms.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle du dolmen.
1943
Classement du terrain attenant
Classement du terrain attenant
1943 (≈ 1943)
Extension de la protection.
2007
Transfert de propriété
Transfert de propriété
2007 (≈ 2007)
Passage à la commune de Poitiers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le dolmen : classement par liste de 1862 - Le terrain de 7a 38 ca entourant le dolmen : classement par arrêté du 23 mars 1943
Personnages clés
| François Rabelais - Écrivain humaniste |
Évoque la pierre dans *Pantagruel* (1532). |
| Sainte Radegonde - Figure religieuse locale |
Légende liée à son transport miraculeux. |
| Jean Bouchet - Chroniqueur aquitain |
Attribue sa construction à Aliénor (1525). |
| Gerardus Mercator - Cartographe flamand |
Grave son nom sur la pierre (1560). |
| Comte de Caylus - Antiquaire du XVIIIe |
Décrit le dolmen après son effondrement. |
Origine et histoire
La Pierre levée de Poitiers est un dolmen daté du Néolithique, situé dans la ville de Poitiers. Ce monument mégalithique, connu dès l’Antiquité, était traversé par la voie romaine reliant Lemonum (Poitiers) à Lugdunum (Lyon). Dès le Moyen Âge, il est mentionné dans des textes sous divers noms, comme Petra-Levata (1299) ou Petra-Suspensa super Dubiam (1322), indiquant sa localisation dans le quartier des Dunes. Son histoire est marquée par des descriptions médiévales et des représentations fantaisistes, comme celle du Civitates orbis terrarum de Georg Braun, où des cartographes comme Gerardus Mercator y auraient gravé leurs noms en 1560.
Au XVIe siècle, Rabelais évoque la Pierre levée dans Pantagruel, attribuant sa création au géant qui l’aurait arrachée pour en faire une table de banquet pour les étudiants poitevins. Cette légende, mêlée au folklore local, perdure dans les traditions estudiantines, comme le parcours initiatique des Bitards, une confrérie se réclamant de Rabelais. Le dolmen, classé monument historique en 1862, était aussi associé à des récits miraculeux, comme celui de sainte Radegonde, qui aurait transporté la pierre sur sa tête avant qu’elle ne soit partiellement détruite par le diable.
Le monument, aujourd’hui ruiné, était constitué de dalles de calcaire mesurant environ 6 mètres de long sur 3 de large, avec une table de couverture reposant autrefois sur neuf piliers. Une sculpture en forme de hache à deux branches orne sa face supérieure. Bien qu’aucun matériel archéologique ne lui soit associé, son histoire se mêle à celle de la ville, comme en témoigne la proximité de l’ancienne prison dite de la Pierre Levée. En 2007, sa propriété a été transférée de l’État à la commune de Poitiers.
Classé dès 1862, le dolmen et son terrain attenant (classé en 1943) restent un symbole du patrimoine poitevin. Les descriptions historiques, comme celles du comte de Caylus au XVIIe siècle ou d’Abraham Golnitz au début du XVIIe siècle, soulignent son importance culturelle. La foire d’octobre de Poitiers, autrefois tenue à proximité, portait même son nom, illustrant son ancrage dans la vie locale. Aujourd’hui, il incarne à la fois un vestige néolithique et un lieu chargé de légendes, entre histoire et imaginaire collectif.