Frise chronologique
Néolithique
Construction du dolmen
Construction du dolmen
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période estimée de l'édification mégalithique.
XVIIe siècle
Premières fouilles mentionnées
Premières fouilles mentionnées
XVIIe siècle (≈ 1750)
Ossements découverts par l’abbé de Foulhac.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle par l'État français.
1948
Fracture de la table
Fracture de la table
1948 (≈ 1948)
Dalle de couverture cassée en deux.
1966
Restauration du dolmen
Restauration du dolmen
1966 (≈ 1966)
Ajout de piliers en béton.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen nommé La Pierre Martine (cad. H4 24) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Jean Clottes - Préhistorien |
A étudié son importance religieuse mégalithique. |
| Abbé de Foulhac - Fouilles au XVIIe siècle |
A découvert des ossements sous le dolmen. |
| Jacques-Antoine Delpon - Historien local |
A proposé des origines étymologiques du nom. |
| Saint Martin - Figure légendaire |
Associé à la légende du sabbat. |
| Jean Lartigaut - Chercheur en toponymie |
A retracé l’histoire du nom depuis 6 siècles. |
Origine et histoire
Le dolmen de la Pierre Martine, situé à Livernon dans le Lot, est le plus imposant monument mégalithique du département. Classé monument historique dès 1889, il se distingue par sa table de couverture en calcaire de 7,10 m de long, aujourd’hui fracturée en deux morceaux. Le site, accessible par un chemin piéton depuis un parking aménagé, culmine à 340 m d’altitude, près d’une carrière antique où furent extraites les dalles.
La structure, orientée à l’azimut 80°, comprend une chambre sépulcrale rectangulaire de 5 m de long, fermée par une fine dalle de chevet. À l’origine, la table oscillait au moindre contact en raison de son porte-à-faux, avant d’être consolidée en 1966 par des piliers en béton. Un second dolmen, aujourd’hui détruit, se trouvait à 7 m au nord, partageant la même orientation. Les fouilles anciennes, mentionnées dès le XVIIe siècle par l’abbé de Foulhac, ont révélé des ossements et, selon la tradition, un poignard en cuivre.
Le nom Pierre Martine remonte au moins au XIVe siècle, comme en attestent des archives féodales de 1397 et 1489 évoquant le terroir de Martina ou la peyra martina. Plusieurs hypothèses étymologiques sont avancées : un lien avec le dieu Mars (martis), le gaulois marwith, ou le celto-scythique mawther. Le site est aussi associé à des légendes locales, comme celle des diables chassés par saint Martin lors d’un sabbat, ou des rituels de guérison des fièvres par contact avec la pierre.
La Pierre Martine s’inscrit dans un paysage mégalithique plus large, avec des monuments homonymes dans le Nord (menhirs de Solre-le-Château) ou à Béduer (dolmen de la Pierre de Martignes). Le préhistorien Jean Clottes souligne son importance religieuse, liée à son implantation en hauteur, près de cours d’eau souterrains supposés (bien que contestés par l’hydrogéologie moderne). Le site, signalé par une route dédiée, reste un témoignage majeur du Néolithique dans le Quercy.