Pierre Martine de Livernon dans le Lot

Patrimoine classé Mégalithes Dolmens

Pierre Martine de Livernon

  • Le Boyne
  • 46320 Livernon
Pierre Martine de Livernon
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Pierre Martine de Livernon
Pierre Martine de Livernon
Pierre Martine de Livernon
Pierre Martine de Livernon
Crédit photo : Thierry46 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
0
1300
1800
1900
2000
Néolithique
Construction du dolmen
1397
Première mention écrite
1889
Classement historique
1948
Fracture de la table
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen nommé La Pierre Martine (cad. H4 24) : classement par liste de 1889

Personnages clés

Jean Clottes Préhistorien ayant étudié le dolmen et son importance religieuse.
Jean Lartigaut Historien ayant retracé l'origine du nom Pierre Martine.
Jacques-Antoine Delpon Chercheur ayant proposé plusieurs origines du toponyme.
Abbé de Foulhac A découvert des ossements au XVIIe siècle.
Saint Martin Saint associé à une légende locale sur le dolmen.
Saint Eutrope Saint ayant aidé à chasser les diables selon la légende.
Louis Merle Radiesthésiste ayant émis une hypothèse sur les cours d'eau souterrains.

Origine et histoire de la Pierre Martine

Le dolmen de la Pierre Martine se situe sur la commune de Livernon, dans le département du Lot. Par ses dimensions, il est le plus important et sans doute le plus célèbre dolmen du département. L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1889.

Le site se trouve à 2,5 km au nord‑est du village et est accessible par la petite route menant au lieu‑dit Damance ; il bénéficie d'une signalétique routière officielle. Un parking aménagé permet de stationner, puis un chemin piétonnier conduit au monument sur moins de 280 mètres. Le dolmen est établi sur une hauteur à 340 m d'altitude, non loin d'un point culminant à 355 m ; pour le préhistorien Jean Clottes, cette situation constitue « un élément important de la religion de nos constructeurs de mégalithes ». À environ 200 m au sud, en contrebas, subsiste la carrière de calcaire d'où proviennent les dalles : la strate s'y divise en rectangles presque réguliers et l'emplacement de la dalle de couverture est entouré de blocs de même épaisseur dont les anfractuosités correspondent à celles du monument.

Selon Jean Lartigaut, le nom Pierre Martine n'a pas changé depuis plus de six siècles : en mai 1397 il apparaît sous la forme Martina et en décembre 1489 sous la forme peyra martina pour situer des terres. Jacques‑Antoine Delpon propose plusieurs origines possibles du toponyme, évoquant le latin martis, le gaulois marwith ou le celto‑scythique mawther. D'autres monuments portent des noms proches, comme le dolmen de la Pierre de Martignes à Béduer ou les Pierres Martines de Solre‑le‑Château, liées à la légende de saint Martin.

La Pierre Martine faisait partie du groupe des dolmens de Boyme ; un autre dolmen, aujourd'hui détruit, se trouvait à 7 m au nord, ses supports mesuraient 3 à 3,5 m et sa table était brisée en six morceaux ; les deux monuments présentaient la même orientation. Le dolmen actuel a une orientation d'azimut 80°. Le tumulus devait être allongé, d'environ 30 m sur 15 m, probablement en raison de l'adjonction d'un tumulus satellite. Les deux orthostates mesurent 4,90 m et 4,25 m ; la chambre est un long rectangle de 5 m de long sur 0,60 m de large. La table de couverture, en calcaire bathonien, est aujourd'hui fracturée en deux ; à l'origine elle mesurait 7,10 m sur 2,30 m et pesait plus de 20 tonnes environ. Cette table, posée en porte‑à‑faux et oscillant sur ses supports, s'est cassée en 1948, a été restaurée en 1966 et est désormais soutenue par deux piliers en béton à chaque extrémité. Les orthostates monumentaux contrastent avec la fine dalle de chevet qui ferme la chambre à l'ouest.

L'abbé de Foulhac rapporte qu'au XVIIe siècle il fit creuser l'endroit et y trouva des ossements; Delpon indique que, selon la tradition, on y aurait également trouvé un poignard en cuivre. Une légende locale raconte que, les nuits de pleine lune, les diables du voisinage s'y réunissaient pour leur sabbat et effrayaient les habitants ; saint Martin aurait alors demandé à saint Eutrope de faire pleuvoir de l'eau bénite sur eux, ce qui les força à regagner l'enfer. Selon Glück, à la fin du XVIIe siècle la Pierre Martine était l'objet d'une grande vénération paysanne : on croyait qu'en la couvrant de fleurs à l'insu des autres on serait préservé de la fièvre pendant un an. Une autre tradition attribuait au dolmen la capacité de guérir les fièvres si le malade s'allongeait sur la dalle de couverture.

Le radiesthésiste Louis Merle a affirmé que les deux dolmens de Boyme se situeraient à la jonction de deux cours d'eau souterrains, qui se perdent à Thémines et à Théminettes ; cette hypothèse est toutefois contredite par les connaissances hydrogéologiques actuelles, puisque Livernon n'appartient pas au même bassin versant que ces ruisseaux, qui font partie de l'Ouysse.

Référence : Jean Clottes, Inventaires des mégalithes de la France, 5‑Lot, supplément à Gallia Préhistoire, Éditions du CNRS, 1977.

Liens externes