Frise chronologique
entre 4000 et 2000 av. J.-C.
Érection estimée du menhir
Érection estimée du menhir
entre 4000 et 2000 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Période néolithique, culture Artenacien possible.
1910
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1910 (≈ 1910)
Découverte d’éclats de silex au pied.
29 avril 1911
Classement monument historique
Classement monument historique
29 avril 1911 (≈ 1911)
Arrêté de protection officielle du menhir.
2013
Fouilles préventives à Pussigny
Fouilles préventives à Pussigny
2013 (≈ 2013)
Confirmation de la culture Artenacien régionale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhir dit Pierre Percée ou des Arabes (cad. B 197) : classement par arrêté du 29 avril 1911
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage historique cité |
Le texte source ne mentionne aucun acteur spécifique. |
Origine et histoire
La Pierre Percée de Draché, aussi appelée Pierre des Érables, Pierre des Arabes ou Bogue de Gargantua, est un menhir néolithique situé dans la commune de Draché, en Indre-et-Loire. Avec une hauteur de près de 4 mètres, il s’agit du plus haut menhir encore debout dans ce département. Son trou naturel, situé à 1,40 m du sommet, a inspiré de nombreuses croyances et rituels locaux, comme le passage de la tête des condamnés ou des serments d’amour échangés à travers l’ouverture. La pierre, composée de calcaire meuliérisé ou de spath calcaire du Turonien, diffère des roches locales, principalement des tuffeaux.
Classée monument historique par arrêté du 29 avril 1911, la Pierre Percée était initialement une propriété privée avant d’être rachetée par le Conseil départemental d’Indre-et-Loire. Elle est représentée sur les armoiries de la commune de Draché. Son érection remonte probablement à la fin du Néolithique, entre 2500 et 2000 av. J.-C., bien que certaines sources élargissent cette fourchette à 4000-2000 av. J.-C. Des fouilles menées en 1910 ont révélé des éclats de silex non utilisés à son pied, suggérant une activité humaine liée au mégalithe.
Le menhir est associé à la culture de l’Artenacien, dernière phase du Néolithique local, marquée par une production lithique et céramique intense, ainsi que par des échanges commerciaux à longue distance. La région, riche en silex du Grand-Pressigny, était un carrefour d’échanges, notamment le long de la Vienne, située à quelques kilomètres. Les pentes silico-argileuses où se dresse la pierre, autrefois plus faciles à cultiver qu’avec des outils modernes, pourraient avoir été parmi les premières terres défrichées par les communautés néolithiques.
La Pierre Percée est entourée de légendes, comme celle des Sarrasins enterrés à ses pieds, liée à une confusion historique avec la bataille de Poitiers (732), ou son association au géant Gargantua, popularisée par Rabelais. Les traditions locales incluent des rites de protection (lichens contre les mauvais esprits, herbe pour le bétail) et des serments d’amour échangés à travers son trou. Un espace aménagé par le Conseil départemental permet aujourd’hui d’accéder librement au site, offrant un cadre romantique et propice à la méditation.
Des fouilles récentes, comme celles du site du Fond d’Arrêt à Pussigny en 2013, ont confirmé l’importance de la culture d’Artenac dans la région, avec des découvertes de mobilier lithique et de structures parcellaires. Ces éléments renforcent l’hypothèse d’une occupation humaine dense et organisée autour des mégalithes, comme la Pierre Percée ou la Pierre-Levée voisine. Le menhir reste un témoignage majeur des pratiques funéraires, symboliques et sociales du Néolithique en Touraine.