Habitat antérieur 4400 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Traces d'un habitat antérieur sous le monument.
3900/3700 av. J.-C.
Inhumations datées
Inhumations datées 3900/3700 av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Datation par le carbone 14 des ossements de la grande chambre.
1954
Inscription monument historique
Inscription monument historique 1954 (≈ 1954)
Le dolmen est inscrit au titre des monuments historiques.
1992
Reconnaissance archéologique
Reconnaissance archéologique 1992 (≈ 1992)
Intérêt archéologique reconnu et début des fouilles.
1996
Campagnes de fouilles
Campagnes de fouilles 1996 (≈ 1996)
Quatre campagnes de fouilles dirigées par Emmanuel Ghesquière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Mégalithe nommé La Pierre Tourneresse (cad. D 32) : inscription par arrêté du 19 mai 1954
Personnages clés
Emmanuel Ghesquière
Archéologue ayant dirigé les fouilles du site à partir de 1996.
Origine et histoire de la Pierre Tourneresse
La Pierre Tourneresse est un dolmen situé au nord de la commune de Cairon, dans le Calvados. Le site était connu dès le XIXe siècle, mais son intérêt archéologique n’a été reconnu qu’à partir de 1992 ; auparavant, la « Pierre Tourneresse » correspondait à une large table de couverture entourée d’un amoncellement de dalles suggérant un cairn. À partir de 1996, quatre campagnes de fouilles dirigées par Emmanuel Ghesquière ont été menées sur le site. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 1954.
Le dolmen occupe une terrasse proche du vallon du Vey, petit affluent de la Mue. Le tumulus, presque circulaire et de 24 m de diamètre, est délimité par un mur de parement en petites dalles de calcaire issues de carrières probablement situées à proximité. Le tertre servit de carrière à l’époque gallo-romaine, si bien que les parties est et ouest du tumulus d’origine sont aujourd’hui manquantes. L’intérieur du cairn est structuré par des rayons de grandes dalles qui délimitent des caissons.
Le tumulus renferme deux chambres funéraires rectangulaires. La plus grande mesure 4 m de long sur 3 m de large et est précédée d’un couloir de 8,80 m ouvrant à l’est ; elle comporte une petite alcôve au nord et ses parois alternent murets en pierres sèches et orthostates. Elle était recouverte de trois dalles de couverture, dont une seule demeurait encore en place en 1992, et le sol était dallé dans le petit cabinet latéral et près des piliers d’entrée. La seconde chambre, de forme plus poire et de dimensions plus modestes, est précédée d’un court couloir ouvrant à l’ouest ; elle est délimitée uniquement par des murets de plaquettes et présentait un sol dallé ; elle devait comporter une voûte en encorbellement et pourrait avoir été construite indépendamment ou ajoutée ultérieurement par recréusement du tumulus.
Sous le monument, les fouilles ont mis au jour les traces d’un habitat antérieur constitué d’une maison de 15 m sur 7 m entourée de plusieurs constructions domestiques, daté de 4400 av. J.-C. Durant la Seconde Guerre mondiale, la grande chambre fut excavée et les ossements découverts furent rejetés dans une fosse située au sud ; ces restes, retrouvés sous forme d’esquilles, correspondent à environ huit individus, dont au moins cinq adultes. La petite chambre contenait le corps d’un enfant et une canine perforée, probablement un pendentif, a été mise au jour sur place. Le mobilier funéraire se limite à plusieurs fragments de poteries attribués à des coupes à socle du Chasséen septentrional. La datation par le carbone 14 des ossements de la grande chambre situe ces inhumations au début du IVe millénaire (3900/3700 av. J.-C.).
Selon la tradition, la Pierre Tourneresse aurait la faculté de tourner sur elle-même, une légende partagée par plusieurs mégalithes de la région portant des noms semblables, notamment la Pierre Tourneresse à Gouvix, la Pierre tournante à Fresney-le-Puceux, la Pierre Tournante à Livarot et la Pierre Tourniresse, aujourd’hui disparue, entre Thaon et Colomby-sur-Thaon.