Frise chronologique
Néolithique
Construction de l'allée couverte
Construction de l'allée couverte
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période de la culture Seine-Oise-Marne
1755
Vidage et transformation en chenil
Vidage et transformation en chenil
1755 (≈ 1755)
Par le prince de Conti
1842
Sauvetage du monument
Sauvetage du monument
1842 (≈ 1842)
Intervention d'Alexandre Hahn
1874
Premier classement Monument Historique
Premier classement Monument Historique
1874 (≈ 1874)
Protection officielle du site
15 décembre 1985
Attentat à l'explosif
Attentat à l'explosif
15 décembre 1985 (≈ 1985)
Dégâts majeurs sur la structure
Années 1980-1990
Restauration par les Monuments Historiques
Restauration par les Monuments Historiques
Années 1980-1990 (≈ 1985)
Après l'attentat et surcreusement
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen dit Pierre Turquaise : classement par liste de 1900
Personnages clés
| Prince de Conti - Propriétaire des lieux au XVIIIe siècle |
Transforma le site en chenil |
| Alexandre Hahn - Préhistorien du XIXe siècle |
Sauva le monument en 1842 |
| Jean-Baptiste Grimot - Curé de L'Isle-Adam |
Publia une notice en 1878 |
| Adrien de Mortillet - Préhistorien |
Rectifia le plan erroné en 1911 |
| E. Giraud - Restaurateur du monument |
Première restauration en 1930 |
Origine et histoire
La Pierre Turquaise, ou Pierre Turquoise, est une allée couverte néolithique située dans la forêt de Carnelle, à Saint-Martin-du-Tertre (Val-d'Oise). Ce monument funéraire, le plus vaste et célèbre de la région parisienne, est associé à la culture Seine-Oise-Marne. Il se trouve à 110 m d'altitude, près du ru de Presles, à proximité du GR 1 et d'autres sites mégalithiques comme le Menhir de Saint-Martin-du-Tertre ou l'allée couverte du Blanc Val. Son nom pourrait évoquer les païens, assimilés aux Turcs, une interprétation fréquente pour les sites antiques.
En 1755, le site aurait été vidé et transformé en chenil pour les chiens de chasse du prince de Conti. Au XIXe siècle, il échappe de peu à la destruction grâce à l'intervention du préhistorien Alexandre Hahn en 1842, alors que ses pierres devaient servir à paver les rues de Paris. Classé Monument Historique dès 1874, il subit plusieurs restaurations, notamment après un attentat à l'explosif en 1985 qui endommagea gravement sa structure. Les travaux des années 1980 révélèrent que le monument avait été entièrement vidé, probablement dès le XVIIIe siècle.
L'allée couverte, longue de 12 mètres, est composée d'une chambre principale et d'une antichambre, la plus grande de la région. Ses dalles en grès de Fontainebleau supportent des sculptures symboliques, interprétées comme des représentations de la déesse des morts. Le trilithe d'entrée, orné de bas-reliefs (seins et collier stylisés), fut gravement endommagé en 1985, mais les sculptures furent préservées. Le mobilier funéraire découvert aux abords (haches polies, parures, outils en silex) témoigne de son usage sépulcral.
La Pierre Turquaise illustre l'architecture mégalithique néolithique, avec ses orthostates et tables de couverture. Malgré l'absence de tumulus visible, son existence est supposée. Le site, restauré par les Monuments Historiques, est aujourd'hui remblayé pour des raisons de sécurité. Son linteau sculpté, découvert en 1969, et son histoire mouvementée en font un témoignage majeur du patrimoine préhistorique francilien.