Origine et histoire du pigeonnier de Mazères
Le pigeonnier de Mazères, situé dans la commune de Lartigue en Occitanie, est un monument historique dont la construction remonte probablement au XVIIe siècle. Ce pigeonnier se distingue par son plan carré, structuré autour d’un noyau central abritant un escalier à vis en pierre. Ce noyau est positionné à l’intersection des diagonales de l’édifice, une particularité architecturale qui souligne la rigueur géométrique de sa conception. Le rez-de-chaussée, ouvert par des arcades, supporte un étage porté par des arcs plein cintre, tandis qu’une gênoise à triple bande orne le sommet de la structure.
Le pigeonnier ne présente pas de boulins, ces niches traditionnelles destinées à abriter les pigeons, ce qui suggère que les nids étaient probablement fabriqués en osier ou en terre cuite, suspendus aux poutres du colombage. L’accès à l’étage se fait par un escalier en pierre dont l’entrée est surélevée d’environ un mètre par rapport au niveau actuel du sol. Cet escalier, intégré dans un noyau de section carrée, illustre le savoir-faire des artisans de l’époque en matière de taille de pierre et d’agencement spatial.
Classé Monument Historique, le pigeonnier de Mazères a vu ses façades et toitures protégées par un arrêté d’inscription en date du 5 décembre 1973. Ce statut témoigne de son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son rôle dans l’histoire rurale de la région. Les pigeonniers, souvent associés aux seigneuries ou aux grandes exploitations agricoles, étaient des symboles de prestige et de pouvoir économique, car leur possession était réglementée et réservée à une élite.
La localisation du monument, bien que documentée, reste approximative, avec une précision évaluée comme « a priori satisfaisante » selon les sources disponibles. Le pigeonnier est situé dans le département du Gers, en Occitanie, une région marquée par une forte tradition agricole et une architecture rurale préservée. Son adresse approximative, 5105 Mazeres à Lartigue, reflète son ancrage dans un territoire où les constructions utilitaires comme les pigeonniers jouaient un rôle clé dans l’économie domestique.
L’absence de boulins et l’utilisation présumée de nids en osier ou en terre cuite pourraient indiquer une adaptation locale des techniques de colombophilie, peut-être liée aux ressources disponibles dans la région. Ces pratiques, bien que moins durables que les boulins en pierre, étaient courantes dans les zones où les matériaux de construction étaient limités ou coûteux. Le pigeonnier de Mazères offre ainsi un exemple remarquable de l’ingéniosité des constructeurs ruraux du XVIIe siècle.
Enfin, l’inscription du monument au titre des Monuments Historiques en 1973 a permis de préserver cet édifice, qui constitue aujourd’hui un témoignage précieux de l’architecture agricole et des modes de vie passés dans le sud-ouest de la France. Son état de conservation et son accessibilité restent cependant peu documentés, laissant ouverte la question de sa vocation actuelle, qu’elle soit touristique, résidentielle ou simplement patrimoniale.