Frise chronologique
1534
Première mention par Rabelais
Première mention par Rabelais
1534 (≈ 1534)
Cité dans *Gargantua* comme « pile sainct Mars ».
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première protection officielle en France.
1843-1844
Restauration majeure et fouilles
Restauration majeure et fouilles
1843-1844 (≈ 1844)
Comblement des cavités, renforcement des terrasses.
2005
Fouilles archéologiques décisives
Fouilles archéologiques décisives
2005 (≈ 2005)
Découverte du podium, du bâtiment et de la statue.
2014-2015
Restauration du podium
Restauration du podium
2014-2015 (≈ 2015)
Reconstruction des murs en *opus incertum*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pile romaine (cad. AK 144) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| François Rabelais - Écrivain humaniste |
Premier à mentionner la pile (1534). |
| Louis de La Saussaye - Archéologue (XIXᵉ s.) |
Auteur d’une dissertation fondatrice (1835). |
| Félix Le Royer de La Sauvagère - Historien local (XVIIIᵉ s.) |
Première étude complète du monument (1770). |
| Emmanuel Marot - Archéologue contemporain |
Dirige les fouilles de 2005 et réinterprète le site. |
| Amélie Chédeville-Aubry - Restauratrice d’art |
Restaure la statue du captif (2007). |
Origine et histoire
La pile de Cinq-Mars est une tour antique de près de 30 mètres de haut, située sur le coteau dominant la Loire à Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire). Construite entre le IIe et le IIIe siècle, elle se distingue par son parement en briques et son noyau en maçonnerie, ainsi que par douze panneaux décoratifs géométriques uniques en France. Son architecture, inspirée de modèles romains comme ceux d’Ostie, suggère un commanditaire ayant voyagé dans l’Empire. Bien que son usage exact reste débattu, les fouilles de 2005 ont révélé un podium adjacent et une statue de captif oriental, indiquant un ensemble funéraire ou commémoratif lié à un dignitaire turon ou romain.
Classée Monument Historique dès 1840, la pile a fait l’objet de multiples interprétations depuis le XVIe siècle, allant du mausolée au repère de navigation. Rabelais la mentionne dès 1534 dans Gargantua, et des restaurations majeures ont eu lieu aux XIXe et XXe siècles, notamment en 1843 et 1913, pour préserver son couronnement et ses décors endommagés par des pillages et l’érosion. Les découvertes récentes, comme la terrasse monumentale et le bâtiment adjacent, confirment son intégration dans un complexe plus vaste, probablement un mausolée ou cénotaphe signalant la gloire d’un personnage local influent.
Le toponyme Cinq-Mars dérive vraisemblablement de Sanctus Medardus (saint Médard), attesté dès le Xe siècle, bien que des légendes locales évoquent cinq guerriers ou bornes. La pile, initialement sur des terres privées, appartient aujourd’hui au conseil départemental d’Indre-et-Loire. Son décor énigmatique, composé de briques rouges et de calcaire blanc, a inspiré des hypothèses variées, des jeux romains aux symboles astronomiques, sans consensus. Les fouilles de 2005-2007 ont aussi révélé une statue en tuffeau représentant un captif oriental, aujourd’hui exposée au musée du Grand-Pressigny, renforçant l’hypothèse d’un monument célébrant des faits militaires.
L’environnement immédiat comprend une voie antique reliant Tours à Angers, ainsi que des vestiges d’habitats et d’activités artisanales (briquetiers) sur le coteau. Le site, abandonné après un incendie entre 230 et 380, a subi des dégradations médiévales et modernes, dont des tirs de canon depuis Villandry au XIXe siècle. Les restaurations contemporaines (2014-2015) visent à stabiliser les murs du podium et à améliorer l’accueil des visiteurs, tout en préservant les traces des interventions passées, comme les corbeaux du couronnement remplacés en 1913.
Les études archéologiques, de La Saussaye (1835) à Marot (2005), ont progressivement affiné la compréhension du site. La pile, autrefois considérée comme un monument isolé, est désormais interprétée comme un élément d’un ensemble funéraire théâtralisé, incluant un bâtiment potentiellement sacré ou mémoriel. Son architecture, combinant influences romaines et locales, et son décor sans équivalent en Gaule, témoignent d’un syncrétisme culturel caractéristique de la Gaule romaine. Les recherches futures pourraient révéler d’autres structures, comme une villa ou des ateliers liés à sa construction.
Devenir actuel
Le site a fait l'objet, en 2010, d'aménagements permettant un meilleur accueil et une meilleure information des visiteurs. Depuis 2014, les murs du podium sont en cours de restauration.