Pile romaine de Cinq-Mars-la-Pile en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Pile gallo-romaine

Pile romaine de Cinq-Mars-la-Pile

  • 7 Chemin Haut de la Pile
  • 37130 Cinq-Mars-la-Pile
Pile romaine de Cinq-Mars-la-Pile
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Crédit photo : Duch.seb - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
300
400
2000
Fin IIe-début IIIe siècle
Construction de la pile
2005
Fouilles archéologiques
2010
Aménagements publics
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pile romaine (cad. AK 144) : classement par liste de 1840

Personnages clés

Rabelais Auteur de la Renaissance ayant mentionné la pile dans ses écrits.

Origine et histoire de la Pile romaine

La pile de Cinq-Mars est une tour pleine antique qui domine la vallée de la Loire sur la commune de Cinq-Mars-la-Pile, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Tours. Elle s'élève à 29,60 m de hauteur et se dresse au flanc d'un coteau où les traces d'occupation antique sont nombreuses. Monument vraisemblablement funéraire (mausolée ou cénotaphe), elle se rattache au groupe disparate des piles connues en France mais s'en distingue par un parement en briques recouvrant un noyau de maçonnerie et par un décor de panneaux géométriques unique en France. Le monument est composé de cinq éléments superposés, depuis les fondations jusqu'au couronnement, posés sur une terrasse artificielle aplanie et surcreusée; la base de maçonnerie de 1,30 m de hauteur repose sur une couche de fins graviers. Le parement est constitué de briques rectangulaires (en moyenne 0,36 × 0,24 × 0,04 m) posées à plat sur cinq rangs alternant boutisses et panneresses, pour un total estimé à 104 000 briques réparties sur 580 rangs. Ce parement enferme un noyau de blocage large d'environ 1,90 m, fait de moellons calcaires liés au mortier, avec les pierres les plus grosses au centre et des éléments locaux provenant vraisemblablement du coteau. Aucun trou de boulin n'est visible, ce qui suggère que les échafaudages étaient plaqués contre l'ouvrage lors de la construction. Par retraits successifs, la pile adopte la forme d'une pyramide tronquée : la base mesure 5,80 m de côté et 4,75 m de hauteur, le premier corps s'élève sur 16,50 m avec une section de 4,40 m, et le second élément présente un retrait inégal avec une base de 4,30 m et une désaxation vers le nord-est. Le couronnement actuel associe corbeaux et briques en retrait et porte une pyramide rhomboïdale aplatie dotée de pilettes d'angle, mais sa configuration originelle reste incertaine en raison des réfections anciennes et des restaurations. La face sud, la plus visible, présente dans sa partie supérieure douze panneaux décoratifs encastrés alternant briques rouges et calcaire blanc, disposés en six rangées séparées par des lits de briques ; neuf panneaux mesurent environ un mètre de côté. Quatre panneaux sont pratiquement intacts, quatre sont détruits et les autres détériorés; ces atteintes résultent pour partie de l'érosion mais aussi de fouilles et de mutilations anciennes visant peut‑être à trouver un prétendu trésor. Le type de décor, apparenté à l'opus sectile et comparable à des motifs observés près de Rome et d'Ostie, suggère des influences italiennes et permet de fixer un terminus ante quem à la seconde moitié du IIe siècle. Deux mentions anciennes signalent l'existence d'une inscription évoquant la sépulture de cinq personnes, mais cette inscription n'est plus visible et son authenticité reste douteuse. Les fouilles de 2005 ont montré que la pile n'était pas isolée : elles ont mis au jour à quelques mètres au nord une terrasse monumentale formant podium, édifiée en moellons réguliers et protégée par des murs de soutènement, et un petit bâtiment partiellement creusé dans le rocher, de plan voisin de 4,5 × 3,5 m, dont l'intérieur comporte une niche et dont la porte était encadrée de briques. Des remblais de construction du podium contenaient de la céramique datée de la seconde moitié du IIe siècle, et une analyse archéomagnétique réalisée en 2007 sur des briques confirme une datation globale fin IIe-début IIIe siècle pour l'ensemble. Une statue en tuffeau de taille humaine, retrouvée sur la terrasse et restaurée, représente probablement un captif d'origine orientale et pourrait faire partie d'un groupe décoratif placé sur le podium ; elle est exposée depuis 2016 au musée de la Préhistoire du Grand-Pressigny. Le site a connu ensuite une phase de pillage et de destruction, puis un abandon et une érosion progressive qui ont altéré la stratigraphie, en particulier au sud du podium. L'ensemble archéologique est aujourd'hui interprété prioritairement comme un complexe funéraire lié à un mausolée ou à un cénotaphe élevé pour un dignitaire turon ou romain, la pile ayant peut‑être été édifiée postérieurement pour signaler et magnifier l'emplacement du monument principal. Cette fonction funéraire n'exclut pas des connotations honorifiques ou militaires liées aux faits d'armes du personnage commémoré, mais aucune preuve ne permet d'identifier formellement le commanditaire. La pile est célèbre depuis la Renaissance, citée par Rabelais, étudiée au XIXe siècle et protégée dès 1840 ; elle fut l'objet de campagnes de restauration au XIXe et au XXe siècle (notamment 1843–44 et 1913), de consolidations ponctuelles (bases des pilettes en 1996) et d'aménagements destinés à l'accueil du public en 2010, tandis que la restauration des murs du podium a débuté en 2014. Le toponyme Cinq-Mars est très probablement l'évolution de Sanctus Medardus, les autres explications traditionnelles liées aux « cinq » éléments n'ayant pas fait leurs preuves. Au final, la pile de Cinq-Mars constitue un monument exceptionnel par son décor et ses matériaux et s'inscrit comme l'un des éléments d'un site plus vaste dont la mise en scène monumentale traduit la volonté d'affirmer le statut de ses commanditaires.

Devenir actuel

Le site a fait l'objet, en 2010, d'aménagements permettant un meilleur accueil et une meilleure information des visiteurs. Depuis 2014, les murs du podium sont en cours de restauration.

Liens externes