Frise chronologique
Ier-IVe siècle apr. J.-C.
Construction présumée
Construction présumée
Ier-IVe siècle apr. J.-C. (≈ 450)
Période estimée par comparaison architecturale
1884
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1884 (≈ 1884)
Congrès archéologique de France, première exploration
6 octobre 1905
Classement monument historique
Classement monument historique
6 octobre 1905 (≈ 1905)
Protection officielle par arrêté ministériel
1910
Nouvelle campagne de fouilles
Nouvelle campagne de fouilles
1910 (≈ 1910)
Études complémentaires sur le site
1965
Relevé architectural
Relevé architectural
1965 (≈ 1965)
Étude par le bureau d’architecture antique de Pau
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pile romaine de Luzenac : classement par arrêté du 6 octobre 1905
Personnages clés
| Frédéric Veyssière - Archéologue |
Étude en 2015 sur la carrière de marbre proche |
Origine et histoire
La pile romaine de Luzenac est une tour gallo-romaine en pierre, située près du village de Luzenac, sur la commune de Moulis (Ariège). Ce monument funéraire, datant probablement entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C., a perdu sa partie supérieure et culmine aujourd’hui à environ 7 mètres. Il est classé au titre des monuments historiques depuis le 6 octobre 1905. Sa structure, presque carrée, inclut une niche orientée vers l’est, en direction de la rivière Lez, suggérant une vocation commémorative ou symbolique liée à un personnage local notable.
Construite en terrain plat dans une vallée, la pile se dresse dans un champ près du cimetière de Luzenac, à 439,5 m d’altitude. Aucune mention cartographique antérieure au XXe siècle n’en atteste l’existence. Les fouilles menées en 1884 et 1910, ainsi qu’un relevé architectural en 1965, ont permis d’étudier sa maçonnerie, composée d’un noyau en blocage recouvert de moellons. Des traces d’enduit et des éclats de marbre dans la niche, aujourd’hui disparue en partie, suggèrent une décoration originelle plus élaborée.
La fonction exacte de la pile reste débattue. Initialement interprétée comme un monument religieux lié à une voie antique proche (hypothèse contestée dès le XIXe siècle), elle est aujourd’hui considérée comme un mausolée dédié à un notable local. Aucune preuve d’un enclos funéraire n’a été trouvée, mais la proximité d’une carrière de marbre antique, exploitée à moins de 3 km, intrigue les archéologues, sans qu’un lien direct soit établi. Des vestiges de céramique et de tuiles aux alentours évoquent cependant un établissement antique dans les parages.
La datation de la pile repose sur des comparaisons architecturales avec d’autres monuments similaires du Sud-Ouest, en l’absence de preuves formelles. Son classement en 1905 témoigne de son importance patrimoniale, malgré les incertitudes persistantes sur son histoire. Les études ultérieures, comme celles de Frédéric Veyssière en 2015, enrichissent les connaissances sans trancher définitivement sur son origine ou sa vocation première.