Frise chronologique
1141
Suppression du marché
Suppression du marché
1141 (≈ 1141)
Charte de Louis VII supprimant le marché public.
1310
Première exécution connue
Première exécution connue
1310 (≈ 1310)
Marguerite Porette brûlée pour hérésie.
1357
Installation de la mairie
Installation de la mairie
1357 (≈ 1357)
Étienne Marcel acquiert la maison aux Piliers.
1533
Reconstruction de l’Hôtel de Ville
Reconstruction de l’Hôtel de Ville
1533 (≈ 1533)
Commande de François Ier à Boccador.
1792
Première guillotine
Première guillotine
1792 (≈ 1792)
Exécution de Nicolas Jacques Pelletier.
1803
Changement de nom
Changement de nom
1803 (≈ 1803)
Devenue « place de l’Hôtel-de-Ville ».
1832
Fin des exécutions
Fin des exécutions
1832 (≈ 1832)
Transfert vers la rue du Faubourg-Saint-Jacques.
1982
Piétonnisation
Piétonnisation
1982 (≈ 1982)
Place réservée aux piétons.
2013
Ajout de l’esplanade de la Libération
Ajout de l’esplanade de la Libération
2013 (≈ 2013)
Hommage aux libérateurs de Paris en 1944.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Marguerite Porette - Hérétique |
Première exécutée en 1310 sur la place. |
| Étienne Marcel - Prévôt des marchands |
Acquiert la maison aux Piliers en 1357. |
| François Ier - Roi de France |
Commande la reconstruction de l’Hôtel de Ville. |
| François Ravaillac - Assassin d’Henri IV |
Exécuté par écartèlement en place de Grève. |
| Robert-François Damiens - Attentat contre Louis XV |
Supplicié en 1757 sur la place. |
| Nicolas Jacques Pelletier - Premier guillotiné |
Exécuté en 1792 sur la place. |
Origine et histoire
La place de l'Hôtel-de-Ville, anciennement appelée place de Grève jusqu'en 1803, est située dans le 4e arrondissement de Paris, entre les quais de la Seine et la rue de Rivoli. Ce lieu, autrefois une grève (plage de sable et gravier) sur les bords de la Seine, devint dès le XIIe siècle un port majeur pour le déchargement de marchandises comme le bois, le blé ou le vin. Son nom « Grève » provient de ce terrain plat et graveleux, et donna naissance à l’expression « faire grève », signifiant à l’origine « chercher du travail » sur cette place.
Au Moyen Âge, la place de Grève était un lieu d’exécutions publiques et de supplices, avec un gibet permanent installé au centre. La première exécution recensée date de 1310, avec le bûcher de Marguerite Porette, une hérétique. La place abritait aussi une croix gothique servant aux prières des condamnés et aux alertes en cas d’inondations. Sous l’Ancien Régime, elle fut le théâtre d’exécutions célèbres, comme celles de François Ravaillac (assassin d’Henri IV) ou Robert-François Damiens (attentat contre Louis XV), ainsi que de cérémonies comme le feu de la Saint-Jean, allumé par le roi jusqu’en 1648.
La place fut profondément transformée au XIXe siècle, notamment sous le Second Empire, avec son extension vers la rue de Rivoli et l’alignement des bâtiments environnants. En 1803, elle fut rebaptisée « place de l’Hôtel-de-Ville », puis devint en 2013 la « place de l’Hôtel-de-Ville – esplanade de la Libération » en hommage aux libérateurs de Paris en 1944. L’Hôtel de Ville, reconstruit après la Commune de 1871, domine toujours la place, qui fut piétonnisée en 1982. Aujourd’hui, elle accueille des animations et des espaces végétalisés, tout en conservant une mémoire historique marquée par son passé judiciaire et festif.
La place fut aussi un lieu de marché public jusqu’en 1141, date à laquelle une charte de Louis VII le Jeune supprima ce marché à la demande des bourgeois de Paris. Elle servit ensuite de cadre à des fêtes municipales, des feux d’artifice (comme en 1653 pour Louis XIV), mais aussi à des autodafés, comme celui des Talmuds en 1242, reflétant les tensions religieuses de l’époque. La guillotine y fut installée pendant la Révolution, avec des exécutions notables comme celles de Carrier ou Fouquier-Tinville en 1795.
Architecturalement, la place a évolué avec la construction de l’Hôtel de Ville, d’abord sous forme de la « maison aux Piliers » acquise par Étienne Marcel en 1357, puis remplacée par un édifice Renaissance commandé par François Ier en 1533. Le bâtiment actuel, reconstruit après 1871, conserve une façade néorenaissance. La place absorba progressivement les rues adjacentes (comme la rue du Mouton) et perdit son rôle patibulaire en 1832, lorsque les exécutions furent transférées vers la rue du Faubourg-Saint-Jacques.
Aujourd’hui, la place mêle patrimoine et modernité : en 2025, elle accueillera 50 arbres et 20 000 végétaux, tandis que l’ancien siège de l’AP-HP (jusqu’en 2022) laisse place à un tiers-lieu citoyen, « Les Arches ». Un panneau historique rappelle encore les traditions passées, comme le bûcher des chats lors de la Saint-Jean, ou les exécutions qui firent sa sinistre réputation, immortalisée par Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris (1831).