Origine et histoire de la Place de l'Opéra
La place de l'Opéra, située dans le 9e arrondissement de Paris, a été conçue simultanément à la construction de l'Opéra Garnier sous Napoléon III, dans le cadre des grands travaux haussmanniens visant à moderniser la capitale. Son objectif initial était d'offrir un recul suffisant pour admirer la façade du Palais Garnier, tout en facilitant la circulation dans ce quartier en pleine mutation. La place fut aménagée en deux phases (1862 et 1864), selon des décrets impériaux qui définirent son tracé quadrangulaire et les rues adjacentes, intégrant la suppression de la rue Basse-du-Rempart.
Initialement nommée place Napoléon en hommage à Napoléon III, elle fut rebaptisée place de l'Opéra en 1873, après la chute du Second Empire. Son aménagement s’inscrivait dans une volonté de prestige architectural, avec des débats esthétiques marquants, comme celui opposant l’Art nouveau à l’académisme pour la conception des entrées du métro au début du XXe siècle. Hector Guimard, figure majeure de l’Art nouveau, fut initialement pressenti pour concevoir les accès, mais son projet, jugé trop moderne, fut finalement écarté au profit de bouches discrètes intégrées aux terre-pleins centraux.
La place devint rapidement un carrefour stratégique, à la fois économique et symbolique. Bordée par des institutions financières, des grands magasins et des hôtels de luxe comme l’InterContinental Paris Le Grand (ancien Grand-Hôtel), elle incarna le dynamisme du Paris haussmannien. Au no 6, le journal L’Écho de Paris y installait ses bureaux, où les résultats électoraux étaient affichés en direct, préfigurant les soirées électorales modernes. La place abritait aussi des commerces emblématiques, comme la galerie d’art Goupil, active au XIXe siècle.
Son rôle dans les transports parisiens se renforça avec l’arrivée du métro (lignes 3, 7 et 8), dont les entrées, bien que discrètes, devinrent un élément clé de son paysage urbain. Aujourd’hui, la place de l’Opéra reste un lieu incontournable, à la fois pour son patrimoine architectural, son animation commerciale et sa centralité dans le réseau de transports en commun.
Les décrets impériaux de 1858, 1860 et 1862 détaillent les expropriations et les modifications urbaines nécessaires à sa création, reflétant l’ambition de Napoléon III et du baron Haussmann de transformer Paris en une capitale moderne. Ces textes officiels soulignent l’importance accordée à l’harmonie entre l’Opéra et son environnement, ainsi qu’à la fluidité des circulations, principes fondateurs de l’urbanisme parisien contemporain.